Nous avons appris avec consternation et condamne fermement la nouvelle campagne de répression menée par les autorités turques contre les personnes LGBTQI+ et les organisations qui défendent leurs droits.
Depuis le 12 septembre, les autorités turques ont engagé une vaste opération visant les organisations LGBTQI+, leurs responsables, leurs militants et plusieurs lieux fréquentés par la communauté LGBTQI+. Des dizaines de personnes ont été arrêtées dans quinze provinces, les locaux de plusieurs associations ont été perquisitionnés et de nombreux sites internet et comptes sur les réseaux sociaux ont été bloqués ou rendus inaccessibles. Plus de 160 personnes font l’objet d’investigations.
Cette offensive a franchi un nouveau seuil avec l’intervention de la police contre les personnes rassemblées pacifiquement devant le palais de justice de Çağlayan, à Istanbul, pour dénoncer cette répression. Ces arrestations s’inscrivent dans une politique qui réduit toujours davantage la place des personnes LGBTQI+ et de celles et ceux qui défendent leurs droits dans l’espace public et la société civile.
Cette nouvelle vague de répression ne surgit pas de nulle part. Depuis 2015, la Marche des fiertés d’Istanbul est systématiquement interdite. Elle intervient plus largement dans un contexte de restrictions croissantes des libertés publiques, de répression des manifestations et de poursuites contre des voix qui critiquent le régime. Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe lui-même a appelé les autorités turques à libérer les personnes détenues en raison de leur engagement en faveur des droits humains et rappelé que l’invocation des « valeurs familiales » ou de la « protection des enfants » ne saurait justifier des atteintes aux droits fondamentaux.
En août 2025, le jeune défenseur des droits humains Enes Hocaoğulları avait ainsi été placé en détention provisoire en raison d’un discours prononcé quelques mois auparavant devant le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, dans lequel il dénonçait des violations des droits humains en Turquie. Le Parti socialiste s’était alors mobilisé et avait rédigé, avec une quinzaine d’associations françaises et européennes, un appel en faveur de sa libération immédiate et inconditionnelle.
Face à cette nouvelle escalade, nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes détenues en raison de leur engagement en faveur des droits des personnes LGBTQI+ ou de leur participation à des rassemblements pacifiques ; l’arrêt des poursuites visant les associations, les militants et les défenseurs des droits humains ; ainsi que le rétablissement de l’accès aux sites internet et aux comptes sur les réseaux sociaux arbitrairement bloqués.
Nous appelons la France, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe à répondre avec fermeté à cette nouvelle vague de répression et à demander aux autorités turques de respecter pleinement les libertés fondamentales et les engagements internationaux de la Turquie.
Nous assurons les personnes LGBTQI+ de Turquie, les forces démocratiques et l’ensemble des défenseuses et défenseurs des droits humains de son entière solidarité.
Adrien GÉRARD, Secrétaire national en charge des droits LGBTQI+