Partager

L’École, creuset de l’égalité républicaine : l’objectif des socialistes pour 2027

- Mercredi 2 septembre

Les militant.es socia­listes ont adop­té en juin der­nier leur pro­jet pour 2027. Parce qu’elle ren­voie his­to­ri­que­ment à l’identité même des socia­listes et à un véri­table pro­jet de socié­té, l’éducation et donc l’ École y occupent une place centrale.

L’École est la plus belle pro­messe de la République : celle qui per­met à chaque enfant, quelle que soit son ori­gine, de construire libre­ment son ave­nir. Pourtant, cette pro­messe est aujourd’­hui fragilisée.

La France est deve­nue l’un des pays déve­lop­pés où l’o­ri­gine sociale pèse le plus lourd sur la réus­site sco­laire. Les enquêtes inter­na­tio­nales montrent que notre sys­tème édu­ca­tif est l’un des plus inéga­li­taires de l’OCDE : le niveau sco­laire des élèves dépend davan­tage de leur milieu social que dans la plu­part des pays comparables.

Pour les socia­listes, cette réa­li­té ne peut être une fata­li­té. Elle appelle une réponse poli­tique volon­ta­riste : refaire de l’École le creu­set de l’é­ga­li­té républicaine.

Et cette éga­li­té répu­bli­caine passe d’abord par un inves­tis­se­ment mas­sif dans celles et ceux qui font vivre l’é­cole au quo­ti­dien : nos ensei­gnants. Contrairement à ce que pré­tend le minis­tère de l’Education natio­nale, la situa­tion est plus que pré­caire : en France il faut par exemple 35 ans d’expérience pour atteindre le som­met de la grille indi­ciaire contre 25 ans en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Nos ensei­gnants ont en moyenne per­du 15 % à 25 % de leur pou­voir d’achat en 20 ans. Déconsidéré, déva­lo­ri­sé, vic­time d’un « prof bashing » régu­liè­re­ment ali­men­té par les conser­va­teurs de tous bords, le métier n’at­tire plus suf­fi­sam­ment. Le nombre d’enseignants absents, le taux de démis­sion et de burn-out ne cessent d’augmenter. Les concours manquent de candidats.

C’est pour­quoi nous pro­po­sons de reva­lo­ri­ser les rému­né­ra­tions, d’améliorer la for­ma­tion conti­nue et de ren­for­cer l’ac­com­pa­gne­ment pro­fes­sion­nel. Car notre pays peut-il main­te­nir un corps ensei­gnant de 860 000 pro­fes­seurs sans déga­ger les moyens sala­riaux qui ren­draient le métier attractif ?

Nous vou­lons éga­le­ment amé­lio­rer les condi­tions de tra­vail tant pour les ensei­gnants que pour les élèves, d’où l’urgence d’une dimi­nu­tion des effec­tifs. Les classes fran­çaises figurent par­mi les plus char­gées d’Europe. Réduire pro­gres­si­ve­ment le nombre d’é­lèves par classe, avec un objec­tif de 19 élèves maxi­mum, consti­tue un inves­tis­se­ment majeur pour la réus­site de tous, en par­ti­cu­lier des enfants issus des milieux popu­laires. Avec une baisse démo­gra­phique éva­luée à 1,7 mil­lions d’élèves d’ici à 2035, cet objec­tif est attei­gnable sans créa­tion de postes supplémentaires.

Réduire les effec­tifs, c’est don­ner à l’école les moyens de faire vivre concrè­te­ment une péda­go­gie de la coopé­ra­tion et de l’émancipation, plu­tôt que de lais­ser les inéga­li­tés sociales déter­mi­ner de plus en plus for­te­ment les par­cours sco­laires.  

Mais l’Ecole de la République ne peut se faire sans mixi­té sociale et sco­laire. La mixi­té sociale est la condi­tion même du pro­grès social- col­lec­tif : elle per­met de faire nation entre tous les élèves dans une vision édu­ca­tive, citoyenne et républicaine. 

Or l’in­dice de posi­tion sociale (IPS), désor­mais ren­du public, révèle des écarts consi­dé­rables entre éta­blis­se­ments, cer­tains concen­trant presque exclu­si­ve­ment les élèves les plus favo­ri­sés, d’autres les élèves les plus défavorisés.

Et se pose alors la ques­tion de l’en­sei­gne­ment pri­vé sous contrat qui accueille une popu­la­tion socia­le­ment beau­coup plus favo­ri­sée que l’en­sei­gne­ment public, contri­buant à une forme de sépa­ra­tion sco­laire qui s’est aggra­vée au fil des années. C’est ain­si que 75 % des 200 col­lèges dont les IPS sont les plus éle­vés sont des col­lèges pri­vés sous contrat quand 98 % des 200 col­lèges dont les IPS sont les plus bas sont des col­lèges publics !

Notre École ne peut trans­mettre une appar­te­nance com­mune à la République sur des pro­ces­sus de ségré­ga­tion ou de sépa­ra­tisme et il est bon pour la République que les enfants de tous milieux par­tagent les mêmes bancs d’une même école au moins le temps de la sco­la­ri­té obligatoire.

C’est pour­quoi nous pro­po­sons de condi­tion­ner les finan­ce­ments publics accor­dés aux éta­blis­se­ments pri­vés sous contrat à des objec­tifs de mixi­té sociale, de revoir la carte sco­laire et de ren­for­cer l’at­trac­ti­vi­té des éta­blis­se­ments accueillant les publics les plus fragiles. 

Et c’est pos­sible ! Il n’ y a pas de fata­lisme : là où des poli­tiques volon­ta­ristes ont été enga­gées, comme dans cer­tains col­lèges de Haute-Garonne ou de Seine-Saint-Denis, les résul­tats montrent que la mixi­té sco­laire est pos­sible dès lors que la puis­sance publique s’en donne les moyens.

Nous fai­sons de la lutte contre le har­cè­le­ment sco­laire une prio­ri­té abso­lue. Plus d’un col­lé­gien ou lycéen sur six déclare avoir déjà été vic­time de har­cè­le­ment, et plus d’un tiers des jeunes disent avoir subi des vio­lences ou humi­lia­tions à l’é­cole au cours de leur sco­la­ri­té. Aucun enfant ne devrait avoir peur d’al­ler en classe.

Nous vou­lons éga­le­ment une école véri­ta­ble­ment inclu­sive. Le nombre d’é­lèves en situa­tion de han­di­cap sco­la­ri­sés a tri­plé depuis 2006, mais les moyens d’ac­com­pa­gne­ment demeurent très insuf­fi­sants. Les per­son­nels AESH ‑Accompagnant des élèves en situa­tion de han­di­cap – , aujourd’hui deuxième groupe de per­son­nels de l’Education natio­nale, sont sous payés et peu for­més au regard du tra­vail réa­li­sé,  beau­coup vivant dans la pré­ca­ri­té sans recon­nais­sance aucune de l’institution et sans statut. 

Enfin, nous réaf­fir­mons avec force notre atta­che­ment à la laï­ci­té, à l’é­ga­li­té entre les filles et les gar­çons et à une orien­ta­tion libé­rée des déter­mi­nismes sociaux.

Investir dans l’é­du­ca­tion, c’est inves­tir dans notre jeu­nesse et par consé­quent dans l’a­ve­nir de notre pays. C’est faire le choix d’une École juste pour tous, exi­geante pour cha­cun, pro­tec­trice et véri­ta­ble­ment inclusive. 

À l’opposé d’une socié­té et d’une école de la com­pé­ti­tion, de l’entre-soi et de l’individualisme, les socia­listes font le choix d’une socié­té et d’une école de l’émancipation, de la coopé­ra­tion et de la fraternité.

C’est l’enjeu des élec­tions de 2027.

C’est la prio­ri­té des socialistes.

 

Yannick TRIGANCE, Secrétaire natio­nal PS Education ; Conseiller régio­nal Ile-de-France

À lire également

Souffrance psychique au travail : la droite sénatoriale a préféré le silence à la vérité

Reporter les oraux du baccalauréat à cause de la chaleur : le symptôme inquiétant d’un État qui n’anticipe plus

Logo Parti Socialiste
Logo Parti Socialiste

Les dernières actualités

Logo Parti Socialiste