- Mardi 8 septembre 2026
Réuni en Bureau national ce mardi 8 septembre, le Parti socialiste a consacré ses travaux à la rentrée scolaire et universitaire. Celle-ci n’est pas une rentrée comme les autres : dernière du second quinquennat d’Emmanuel Macron, elle coïncide avec la publication des résultats de PISA 2025. Le constat est sans appel : les performances des élèves français en mathématiques, en lecture et en sciences sont à leur plus bas niveau depuis vingt ans.
Huit ministres de l’Éducation nationale depuis 2017, dont sept depuis 2022, ne sont pas parvenus à inverser la courbe de la dégradation. L’instabilité ministérielle, la succession des annonces et les réformes improvisées ont tenu lieu de politique éducative. PISA montre pourtant que près d’un tiers des élèves français est désormais en difficulté en mathématiques et en lecture et que le poids de l’origine sociale reste considérable. Malgré l’engagement sans faille de nos enseignantes et enseignants, l’École de la République ne corrige plus les inégalités, et trop souvent, elle les reproduit.
La baisse démographique devrait constituer une chance historique pour l’École. Moins d’élèves doit signifier moins d’élèves par classe, davantage de temps pour apprendre et des équipes renforcées — non de nouvelles suppressions de postes et moins d’École dans les territoires ruraux, périurbains et populaires. Les Socialistes proposent de tendre vers une moyenne de 19 élèves par classe et de garantir la présence d’au moins un CPE dans chaque collège et chaque lycée. Les moyens libérés par la baisse démographique doivent être prioritairement consacrés à la réduction des inégalités scolaires.
Il faut également réparer le lien avec celles et ceux qui font vivre l’École : revaloriser les enseignants sans leur imposer une charge de travail supplémentaire, renforcer leur formation et leur redonner du temps et de la stabilité.
L’École inclusive doit changer d’échelle grâce à un véritable statut des AESH et à la reconnaissance de l’ensemble de leur temps de travail. Enfin, les financements publics accordés aux établissements privés sous contrat doivent être conditionnés à des objectifs exigeants de mixité sociale et scolaire. Faire Nation commence par faire école ensemble.
La même logique de désengagement frappe l’enseignement supérieur. Le coût de la rentrée atteint désormais 3 240 euros pour une étudiante ou un étudiant non boursier qui ne vit plus chez ses parents, soit une hausse de plus de 25 % en six ans. Plus de la moitié des étudiants disposent de moins de 200 euros une fois leur loyer payé et un sur deux travaille pendant ses études. La précarité étudiante ne doit pas devenir une étape obligée du passage vers l’âge adulte.
La généralisation du repas à un euro est une avancée que nous soutenons et qui doit être durablement financée. Mais l’urgence reste le logement. Nous défendons un plan massif de construction et de rénovation des résidences universitaires, l’encadrement effectif des loyers dans les zones tendues, le maintien des APL pour les étudiants et leur rétablissement pour les étudiants étrangers qui en ont été privés.
À cette urgence sociale s’ajoute une crise profonde du service public universitaire. Les établissements doivent absorber sans compensation suffisante la hausse de leurs charges. Ils réduisent leurs capacités d’accueil, laissent des postes vacants, recourent davantage aux personnels précaires et suppriment des formations. Pendant ce temps, le supérieur privé lucratif gagne du terrain.
Les Assises du financement des universités, dont le rapport a été publié avant l’été, ne doivent pas servir à préparer une hausse générale des droits d’inscription.
L’enseignement supérieur et la recherche sont des investissements collectifs au bénéfice de toute la société. La science et sa transmission sont à la base du progrès, de notre souveraineté et de la démocratie.
Le PLF 2027 doit renforcer les moyens des universités, des CROUS et des organismes de recherche, remettre la loi de programmation de la recherche sur une trajectoire crédible et redonner de la visibilité aux équipes. Les socialistes proposent également la revalorisation et l’élargissement des bourses, une véritable allocation d’autonomie, un plan massif de logements étudiants publics et une régulation du supérieur privé lucratif.
L’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche ne sont pas des dépenses à contenir : ils sont la condition de l’égalité, de notre souveraineté et de notre avenir commun.