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Rentrée 2026 : la pauvreté étudiante n’est pas une fatalité

- Mercredi 2 septembre

3 240 euros. C’est désor­mais le coût d’une ren­trée pour une étu­diante ou un étu­diant non bour­sier qui ne vit plus chez ses parents. En six ans, la fac­ture a aug­men­té de plus de 25 %, soit près de 656 euros supplémentaires.

Derrière ce chiffre, il y a une réa­li­té qui devrait tous nous aler­ter : en France, faire des études signi­fie encore trop sou­vent devoir apprendre à vivre pauvre.

20 % des étu­diant·es ne mangent pas à leur faim. La moi­tié tra­vaille en paral­lèle de ses études pour pou­voir vivre. Une fois le loyer payé, 52 % dis­posent de moins de 200 euros pour se nour­rir, se dépla­cer, se soi­gner et faire face à toutes les dépenses du quo­ti­dien. Dans le même temps, il n’existe tou­jours qu’un loge­ment CROUS pour 17 étu­diant·es et un étu­diant·e sur trois connaît une situa­tion de mal-logement.

Nous refu­sons de nous habi­tuer à ces chiffres. Nous refu­sons de consi­dé­rer qu’il serait nor­mal de sau­ter un repas pour payer son loyer, de tra­vailler au détri­ment de ses études ou de renon­cer à se soi­gner. La pré­ca­ri­té étu­diante n’est pas un rite de pas­sage vers l’âge adulte. Elle est un frein à l’émancipation et une rup­ture d’égalité entre celles et ceux qui peuvent comp­ter sur leur famille et les autres.

Après des années de pro­messes et de réformes repous­sées, le constat est là : le sys­tème d’aides ne pro­tège plus suf­fi­sam­ment celles et ceux qui en ont besoin, le loge­ment étu­diant public reste très lar­ge­ment insuf­fi­sant et le sous-finan­ce­ment de nos uni­ver­si­tés fra­gi­lise chaque année davan­tage le ser­vice public. Faire payer les étu­diant·es ne peut pas être la réponse au désen­ga­ge­ment de l’État.

La situa­tion des étudiant.es extra-com­mu­nau­taires est encore plus injuste. Cette année, le coût de leur ren­trée atteint 7 023 euros, plus du double de la moyenne natio­nale. Frais d’inscription mul­ti­pliés, sup­pres­sion des APL, dur­cis­se­ment des condi­tions finan­cières : au moment même où la France pré­tend ren­for­cer son attrac­ti­vi­té uni­ver­si­taire et scien­ti­fique, elle ferme ses portes à celles et ceux qui n’ont pas les moyens de payer. Une poli­tique d’autant plus absurde que les étudiant.es internationales.aux repré­sentent 41 % des doc­to­rants en sciences et techniques.

Pour les socia­listes, une autre poli­tique est pos­sible. Elle passe par la reva­lo­ri­sa­tion et l’élargissement des bourses et par la créa­tion d’une véri­table allo­ca­tion d’autonomie, par un plan mas­sif de construc­tion de loge­ments étu­diants publics, par la péren­ni­sa­tion du repas à un euro, par l’encadrement du supé­rieur pri­vé lucra­tif et par un réin­ves­tis­se­ment durable dans nos uni­ver­si­tés et nos CROUS. Cette voie est celle de la jus­tice sociale : per­mettre à cha­cune et cha­cun d’étudier digne­ment et de choi­sir libre­ment son avenir.

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