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Cette réforme des retraites est un impôt sur la vie – Déclaration des parlementaire socialistes

Face à l’obstination dérai­son­nable du gou­ver­ne­ment, nous affir­mons notre oppo­si­tion réso­lue à une réforme des retraites mar­quée par l’injustice et la bru­ta­li­té. Nous rejoi­gnons le front déter­mi­né du refus de la retraite à 64 ans des orga­ni­sa­tions syn­di­cales una­nimes et des Français dans leur écra­sante majo­ri­té. Le gou­ver­ne­ment n’entend pas alors que les Français haussent le ton. Nous joi­gnons notre voix à la leur.

Cette réforme est un impôt sur la vie. Un impôt sur la vie de celles et de ceux qui ont com­men­cé à tra­vailler tôt, de celles et de ceux qui ont eu des métiers pénibles qui usent les corps et fatiguent les âmes. Des métiers aimés, exer­cés avec fier­té et pas­sion, mais qui laissent des traces sou­vent et des cica­trices par­fois. Cette réforme est un impôt sur la vie des femmes et des hommes aux car­rières hachées et incom­plètes. Sur la vie des femmes surtout.

Cette réforme est un impôt sur la vie de celles et de ceux qui ont déjà moins et aux­quels le Gouvernement veut deman­der plus encore, alors que les plus défa­vo­ri­sés sont aus­si les plus nom­breux par­mi celles et ceux qui n’atteignent pas l’âge de la retraite. Il y a 13 ans d’écart d’espérance de vie entre les 5% de Français les plus riches et les 5% les plus pauvres, 7 ans entre un cadre et un ouvrier. A eux la pro­ba­bi­li­té la plus grande de mou­rir avant 62 ans, à eux les fins de car­rières dans la pré­ca­ri­té alors que seul un sénior sur deux est en emploi au moment de la retraite, à eux les retraites les plus courtes, à eux une entrée en retraite en plus mau­vaise santé.

Demain avec cette réforme, ce sont encore les classes popu­laires et les classes moyennes qui seront les plus lour­de­ment frap­pées par cet impôt sur la vie dégres­sif et injuste. Ils le seront deux fois plus que ceux qui ont tout. Cette réforme aggrave toutes les injus­tices et appro­fon­dit toutes les inéga­li­tés. C’est du sel jeté sur les plaies de la vie. Nous ne l’acceptons pas.

Cette réforme est un impôt sur la vie de celles et de ceux que nous avons applau­dis à 20h durant la crise de la Covid et qui avaient espé­ré de notre bruyante recon­nais­sance des len­de­mains plus justes. Après le « quoi qu’il en coûte », le Gouvernement a déci­dé qu’il allait en coû­ter aux éboueurs, aux ouvrières de l’agroalimentaire, aux cais­sières, aux aides à domi­cile… A toutes les Françaises et tous les Français qui n’ont que leur tra­vail pour vivre et qui n’en ont pas tou­jours eu. A celles et à ceux qui ont tenu le pays debout. C’est eux qui vont rem­bour­ser, in fine, le « quoi qu’il en coûte », c’est eux qui vont payer la réforme. Après la République recon­nais­sante, la République condes­cen­dante du Président Macron.

Le sys­tème des retraites n’est pas plus mena­cé d’effondrement que le report de l’âge de la retraite n’est néces­saire. D’autres che­mins existent pour finan­cer notre sys­tème de retraite qui met­traient plus jus­te­ment à contri­bu­tion ceux qui le peuvent, grandes entre­prises ou grandes for­tunes dont la richesse a pu même gros­sir pen­dant la crise. D’autres che­mins plus justes qui ne dis­qua­li­fient ni les coti­sa­tions, ni l’impôt. Le Gouvernement s’y refuse : ni taxe sur les hyper-pro­fits, ni retour de l’ISF, ni sur-coti­sa­tions pour les hauts reve­nus… Les classes popu­laires et les classes moyennes paieront…

Face à cette réforme de régres­sion sociale ter­rible, nous, dépu­tés et séna­teurs socia­listes pren­drons toute notre part dans la bataille par­le­men­taire qui s’ouvre. Nous rejoi­gnons d’ores et déjà le mou­ve­ment social. Partout en France, nous serons aux cotés des Françaises et des Français qui mar­che­ront dès aujourd’hui pour dire non à la réforme du gouvernement.

Après une vie de tra­vail, la retraite doit demeu­rer pour tous les Français une nou­velle étape heu­reuse de la vie.

Les par­le­men­taires socialistes

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