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Enfants de la Creuse : La réparation doit prolonger le travail de vérité engagé depuis plus de 10 ans

À l’oc­ca­sion de l’exa­men au Sénat de la pro­po­si­tion de loi visant à répa­rer les pré­ju­dices cau­sés aux « Enfants de la Creuse », le Parti socia­liste réaf­firme son sou­tien à toutes les démarches de véri­té, de mémoire et de répa­ra­tion envers les Réunionnaises et Réunionnais dépla­cés de force vers l’Hexagone entre 1962 et 1984.

Pendant trop long­temps, cette page dou­lou­reuse de notre his­toire est demeu­rée igno­rée. Des mil­liers d’en­fants ont été arra­chés à leur famille, à leur île et à leur his­toire. Beaucoup ont connu le déra­ci­ne­ment, la rup­ture des liens fami­liaux, la pré­ca­ri­té, par­fois les vio­lences et l’ex­ploi­ta­tion. Cette bles­sure demeure vive pour les vic­times et leurs proches.

Le Parti socia­liste a pris sa part dans le tra­vail de recon­nais­sance de cette histoire.

En 2014, grâce à l’en­ga­ge­ment déter­mi­né d’Ericka Bareigts, alors dépu­tée de La Réunion, l’Assemblée natio­nale adop­tait une réso­lu­tion his­to­rique recon­nais­sant que l’État avait « man­qué à sa res­pon­sa­bi­li­té morale » envers ces enfants. Pour la pre­mière fois, la repré­sen­ta­tion natio­nale regar­dait cette réa­li­té en face et recon­nais­sait offi­ciel­le­ment la faute commise.

Deux ans plus tard, le gou­ver­ne­ment ins­tal­lait la Commission natio­nale d’in­for­ma­tion et de recherche his­to­rique pré­si­dée par Philippe Vitale afin d’é­ta­blir la véri­té des faits, de docu­men­ter l’am­pleur du phé­no­mène et de for­mu­ler des pro­po­si­tions. Des mesures concrètes étaient éga­le­ment enga­gées pour accom­pa­gner les vic­times : sou­tien psy­cho­lo­gique, accom­pa­gne­ment juri­dique et aide au retour à La Réunion pour retrou­ver leurs familles et leurs racines.

Le rap­port remis en 2018 a consti­tué une étape majeure dans la connais­sance de cette his­toire et dans la recon­nais­sance des trau­ma­tismes subis.

Sans la réso­lu­tion por­tée par Ericka Bareigts en 2014, sans la com­mis­sion de recherche créée en 2016 et sans le tra­vail de véri­té conduit depuis lors, le débat sur la répa­ra­tion n’au­rait sans doute jamais pu avoir lieu.

Aujourd’hui, une nou­velle étape doit être franchie.

La pro­po­si­tion de loi exa­mi­née par le Parlement vise à recon­naître les pré­ju­dices subis, à ren­for­cer le tra­vail mémo­riel et à ouvrir un droit à répa­ra­tion. Elle s’ins­crit dans le pro­lon­ge­ment direct du che­min de véri­té enga­gé depuis plus d’une décennie.

Le Parti socia­liste consi­dère qu’au­cune répa­ra­tion ne pour­ra effa­cer les souf­frances vécues. Mais une démo­cra­tie digne doit être capable de recon­naître les fautes com­mises en son nom, d’en trans­mettre la mémoire et d’ac­com­pa­gner celles et ceux qui en portent encore les conséquences.

La République gran­dit lors­qu’elle assume toute son his­toire. Les Enfants de la Creuse ont long­temps atten­du cette recon­nais­sance. Ils ont droit à la véri­té. Ils ont droit à la mémoire. Ils ont droit à la justice.

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