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DÉCLARATION DU BUREAU NATIONAL : La jeunesse refuse le renoncement. Nous refusons de lui imposer un avenir au rabais.

– Mardi 27 octobre

Depuis plusieurs semaines, les lycéens et les étudiants se mobilisent partout en France, en métropole comme dans les Outre-mers. Leur colère est légitime. Le gouvernement commet une erreur politique majeure en réduisant ce mouvement à une contestation scolaire ou universitaire. C’est une génération qui refuse l’avenir qu’on lui prépare.

Cette jeunesse a grandi en regardant ses parents travailler sans toujours parvenir à vivre dignement. Elle a vu les loyers augmenter, les factures s’accumuler et les services publics se dégrader. Elle a connu dix ans d’efforts exigés et de sacrifices présentés comme inévitables, dix ans de promesses non tenues qui ont abîmé la confiance en la parole politique. Aujourd’hui, elle refuse qu’on lui demande de vivre moins bien, d’espérer moins et de revoir ses ambitions à la baisse.

Trop longtemps, le gouvernement a refusé d’entendre cette colère. La mobilisation lycéenne et étudiante a permis d’obtenir de premières réponses, mais le flou demeure sur de trop nombreuses annonces. Le débat organisé demain à l’Assemblée nationale autour de Parcoursup ne doit pas servir à cantonner la discussion aux aspects techniques de la plateforme, en évitant d’interroger les choix politiques qui organisent les parcours du lycée à l’enseignement supérieur.

Car le problème ne se résume pas à une plateforme informatique. C’est la pénurie de places, la sélection sociale, un baccalauréat dont les résultats au contrôle continu pèsent sur l’accès aux études supérieures dès la classe de première, les inégalités en matière d’orientation, l’affaiblissement du service public et la précarité imposée à une partie croissante de la jeunesse. Changer l’outil sans changer les règles ne changera pas leur avenir.

À une génération qui demande des perspectives, le gouvernement répond encore par des promesses dont la réalisation reste incertaine. Et lorsqu’il est question de transformer le système, la même objection revient : « Combien ça coûte ? » Mais combien coûte à notre pays une génération à laquelle on refuse les moyens de ses ambitions ? L’éducation ne peut être gouvernée comme une simple variable d’ajustement budgétaire. Elle est un investissement majeur pour la société.

Les socialistes refusent cette résignation organisée. Notre ambition n’est pas d’aménager la pénurie, mais de renouer avec la promesse émancipatrice et républicaine de l’éducation. L’école publique et l’université ne doivent pas seulement préparer les jeunes à s’adapter au monde tel qu’il est. Elles doivent leur donner les moyens de le comprendre, de choisir leur vie et de le transformer.

C’est aussi à l’école et à l’université que se construit notre société. Si l’éducation est une priorité absolue, les moyens d’étudier le sont tout autant. Combattre les inégalités et les injustices, c’est donner à chaque jeune les moyens d’étudier dans des conditions dignes. On ne prépare pas la société de demain en laissant sa jeunesse faire la queue devant les banques alimentaires, vivre dans des logements indignes ou étudier dans des salles de classe dont les plafonds s’écroulent.

Nous voulons une école publique qui corrige réellement les inégalités : des classes moins chargées, des enseignants recrutés et formés, une école inclusive, une mixité sociale et scolaire effective, des établissements rénovés et une orientation qui ouvre des possibilités au lieu d’assigner des destins.

Nous voulons un véritable droit à la poursuite d’études : 100 000 places supplémentaires à l’université, la fin de la sélection par la pénurie, des parcours plus souples et un service public universitaire renforcé face à la marchandisation de l’enseignement supérieur.

Nous voulons une jeunesse libre de choisir son avenir sans dépendre des revenus de ses parents : une refonte des bourses, des logements étudiants publics, le repas à 1 euro et des CROUS renforcés. L’autonomie n’est pas un privilège. C’est une condition de l’émancipation, tant individuelle que collective.

Ces transformations exigent davantage qu’une succession d’annonces. Davantage qu’un prêt de 4 milliards d’euros aux collectivités, davantage que 15 000 places dont une partie était déjà prévue, davantage que des promesses dont le calendrier d’application s’étend au-delà de l’élection présidentielle.

Nous proposons une programmation pluriannuelle de l’éducation et de l’enseignement supérieur, construite avec les jeunes et les personnels, fixant un calendrier, des moyens et des engagements durables en matière de recrutements, de formation, d’investissements et de conditions d’études.

Les outils existent. Mobiliser les ressources nécessaires relève de choix politiques. Nos parlementaires ont proposé des recettes et des choix fiscaux que le gouvernement a rejetés. Nous combattons depuis dix ans ces politiques et leurs conséquences. Les contraintes idéologiques qu’impose la macronie ne sont pas des fatalités économiques. Nous refusons d’en faire les limites de notre ambition.

Notre responsabilité, comme force d’opposition, n’est pas seulement d’accueillir la colère. C’est de lui donner une traduction politique, de démontrer qu’une autre voie est possible et de la construire avec les jeunes.

Car ce mouvement dit une chose essentielle : cette génération n’a pas renoncé à son avenir. Elle refuse qu’on y renonce à sa place.

Une société qui demande à sa jeunesse de réduire ses ambitions est une société qui finit par renoncer aux siennes.

La jeunesse n’a pas à apprendre à se contenter de moins. C’est à la politique de retrouver l’ambition de faire davantage, pour une école de la coopération, de l’émancipation et de la fraternité.

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