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Avec la disparition de Jean-Paul Huchon, la gauche perd un compagnon de longue route

Avec la dis­pa­ri­tion de Jean-Paul Huchon, la gauche perd un com­pa­gnon de longue route, et l’Île-de-France un homme qui l’a pro­fon­dé­ment façonnée.

Du PSU au Parti socia­liste, il avait gar­dé intacte une même convic­tion : la gauche doit com­prendre la socié­té pour pou­voir la trans­for­mer. Ami fidèle de Michel Rocard, il par­ta­geait avec lui l’amour du débat d’idées, le goût du dia­logue social et le refus des dogmes. Pour eux, le par­ler-vrai était une marque de res­pect envers les citoyens, et la condi­tion même de l’action.

Directeur de cabi­net de Michel Rocard à Matignon de 1988 à 1991, il fut l’une des che­villes ouvrières des grandes réformes de ces années : la créa­tion du Revenu mini­mum d’insertion, la Contribution sociale géné­ra­li­sée, et les accords de Matignon, qui ouvrirent un che­min de paix en Nouvelle-Calédonie. Il savait le tra­vail patient qu’il faut pour qu’une ambi­tion poli­tique devienne un droit nou­veau, une pro­tec­tion, une chance de vivre mieux.

Cette exi­gence, il l’a por­tée pen­dant dix-sept ans à la tête de l’Île-de-France. Il vou­lait réunir une région tra­ver­sée par de pro­fondes inéga­li­tés, rap­pro­cher ses ter­ri­toires et élar­gir les hori­zons de ses habi­tants. Le passe Navigo à tarif unique, construit avec sa majo­ri­té, en reste le sym­bole le plus concret : habi­ter plus loin ne devait plus signi­fier payer davan­tage pour se dépla­cer. Pour des mil­lions de Franciliennes et de Franciliens, ce choix a chan­gé la vie quotidienne.

Rassembler demande de l’écoute, de la patience et de la déter­mi­na­tion : il en avait fait sa méthode. Socialistes, com­mu­nistes et éco­lo­gistes ont gou­ver­né ensemble la région pen­dant trois man­dats. Cette capa­ci­té à ras­sem­bler la gauche et à la faire agir dans la durée est une part pré­cieuse de son héritage.

Nous gar­de­rons le sou­ve­nir de son humour plein de finesse, de son regard espiègle et aus­si de sa pas­sion pour le rock’n’roll qui l’amenait à citer Bashung, Téléphone ou Trust dans des inter­ven­tions. Les moments de com­pli­ci­té et de joie par­ta­gée autour de Jean-Paul en disent aus­si long sur l’homme auquel nous ren­dons hommage.

À sa famille, à ses proches, à toutes celles et ceux qui ont par­ta­gé ses com­bats, nous adres­sons nos plus sin­cères condo­léances et toute notre affection.

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