La proposition de loi accordant la reconnaissance de la France envers les rapatriés d’Indochine portée par le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a été adoptée à l’unanimité, définitivement, par le Sénat le lundi 19 octobre. Adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale, l’adoption de cette loi est une avancée indéniable dans le travail de réconciliation des mémoires.
Transpartisane, le texte prévoit d’étendre aux rapatriés d’Indochine la journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine et met en place une procédure de réparation financière pour les rapatriés ayant vécu des conditions d’accueil indignes lors de leur arrivée en France et pendant des décennies pour certains.
Dès 1954, après la chute de Dien Bien Phu, 44 000 personnes, parmi lesquelles des conjointes indochinoises de militaires français ou des supplétifs indochinois de l’armée française, sont rapatriés d’Indochine en France métropolitaine, sous le contrôle de l’Etat qui organise leur transit et accueil. Parmi elles, 4 000 à 6 000 personnes ont été installées dans des “centres d’accueil”, censés être provisoires, mais qui sont durablement devenus des camps vétustes et insalubres, comme ceux de Sainte-Livrade-sur-Lot, Bias ou encore Noyant d’Allier, qui a hébergé jusqu’à 3000 personnes.
Cette proposition de loi, dans la droite lignée de la loi du 23 février 2022 sur la reconnaissance de la Nation envers les Harkis, pointe la responsabilité de l’Etat dans cette relégation des rapatriés d’Indochine qui a participé à en faire des citoyens de seconde zone. C’est une étape essentielle dans le travail collectif de compréhension et de reconnaissance de notre histoire coloniale. Nous serons vigilants à la sortie rapide des décrets d’application afin que ce texte tant attendu entre pleinement en vigueur.