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Serbie : Le changement démocratique doit devenir possible

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  • 9 et 10 octobre : premier tour de la primaire
  • 12 octobre : date limite d'inscription pour voter au 2nd tour de la primaire
  • 16 et 17 octobre : second tour de la primaire

À l’approche des élec­tions légis­la­tives du 25 octobre, nous expri­mons notre sou­tien à toutes les forces démo­cra­tiques qui œuvrent pour per­mettre l’alternance, res­tau­rer l’État de droit et ins­crire dura­ble­ment la Serbie dans la famille européenne.

L’amitié entre la France et la Serbie est ancienne, pro­fonde et appar­tient à nos deux peuples. Elle ne sau­rait être réduite à une rela­tion per­son­nelle entre diri­geants, ni être ins­tru­men­ta­li­sée par Aleksandar Vučić ou Emmanuel Macron. La France doit entre­te­nir avec la Serbie une rela­tion d’État à État, mais aus­si de peuple à peuple, fon­dée sur le res­pect, la sou­ve­rai­ne­té et les valeurs démo­cra­tiques communes.

Nous demeu­rons favo­rables à l’intégration euro­péenne des Balkans occi­den­taux. Mais l’adhésion à l’Union euro­péenne ne peut être seule­ment une décla­ra­tion de poli­tique étran­gère : elle sup­pose un État de droit effec­tif, une admi­nis­tra­tion indé­pen­dante du pou­voir poli­tique, une lutte déter­mi­née contre la cor­rup­tion, des élec­tions libres et trans­pa­rentes, une presse libre et plu­ra­liste, le res­pect du droit de vote et la pro­tec­tion des droits des minorités.

Or, les condi­tions dans les­quelles se pré­pare le scru­tin du 25 octobre demeurent pré­oc­cu­pantes. Les recom­man­da­tions for­mu­lées par l’OSCE/ODIHR à la suite des pré­cé­dentes élec­tions n’ont été que par­tiel­le­ment mises en œuvre. Les ques­tions rela­tives au registre élec­to­ral, au plu­ra­lisme média­tique et à l’égalité des condi­tions de cam­pagne demeurent par­ti­cu­liè­re­ment sensibles.

Les infor­ma­tions actuel­le­ment ren­dues publiques par des orga­ni­sa­tions de la socié­té civile sur la pro­cé­dure de can­di­da­ture et les listes élec­to­rales doivent être prises au sérieux et faire l’objet de véri­fi­ca­tions indé­pen­dantes. Elles ren­forcent la néces­si­té d’une sur­veillance citoyenne du pro­ces­sus élec­to­ral, à chaque étape, jusqu’au dépouillement.

Une dif­fé­rence majeure existe cepen­dant cette fois-ci : la mobi­li­sa­tion étu­diante per­met d’envisager un contrôle beau­coup plus impor­tant du pro­ces­sus au niveau local, depuis la véri­fi­ca­tion des listes élec­to­rales jusqu’à la pré­sence de repré­sen­tants et d’observateurs dans les bureaux de vote. La Commission élec­to­rale répu­bli­caine a offi­ciel­le­ment pro­cla­mé la liste « Student List – Students Win » pour le scru­tin du 25 octobre.

Nous appe­lons donc à ce que le chan­ge­ment démo­cra­tique puisse avoir lieu. Toutes les forces poli­tiques, asso­cia­tives, syn­di­cales, citoyennes et étu­diantes qui sou­haitent mettre fin au ver­rouillage du sys­tème doivent pou­voir contri­buer, cha­cune à leur place, à cette dynamique.

Nous vou­lons à cet égard saluer par­ti­cu­liè­re­ment deux engagements.

Nous appor­tons notre sou­tien à la Stranka slo­bode i pravde (SSP) et à la coa­li­tion « EvropskaSrbija », qui portent expli­ci­te­ment l’ambition d’une Serbie euro­péenne, fon­dée sur l’État de droit, des médias libres, une jus­tice indé­pen­dante, la lutte contre la cor­rup­tion et des ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques. La coa­li­tion affirme clai­re­ment que l’avenir euro­péen de la Serbie passe par la construc­tion d’un État démo­cra­tique moderne.

Nous saluons éga­le­ment par­ti­cu­liè­re­ment la déci­sion de la Demokratska stran­ka (DS) de ne pas pré­sen­ter sa propre liste et de mettre ses capa­ci­tés mili­tantes et orga­ni­sa­tion­nelles au ser­vice du mou­ve­ment étu­diant. Cette déci­sion, prise en assu­mant le risque de ne pas défendre direc­te­ment ses propres cou­leurs élec­to­rales, tra­duit un choix poli­tique clair : contri­buer à faire du mou­ve­ment étu­diant un vec­teur pos­sible du chan­ge­ment démo­cra­tique. La DS a depuis confir­mé son sou­tien sans réserve à la liste étu­diante et orga­ni­sé une mobi­li­sa­tion spé­ci­fique de ses mili­tants et de ses moyens pour contri­buer au contrôle électoral.

Ces deux démarches sont dif­fé­rentes mais peuvent être com­plé­men­taires pour peu que l’ob­jec­tif recher­ché d’une véri­table alter­nance soit bien par­ta­gé : celle d’une force poli­tique qui porte expli­ci­te­ment le pro­jet euro­péen de la Serbie et celle d’un par­ti qui choi­sit de sou­te­nir le mou­ve­ment capable, aujourd’hui, de créer les condi­tions poli­tiques du changement.

Le Parti socia­liste appelle donc toutes les forces qui veulent réel­le­ment ouvrir une nou­velle page démo­cra­tique en Serbie à tra­vailler ensemble, au-delà de leurs dif­fé­rences, pour garan­tir la sin­cé­ri­té du scru­tin et per­mettre aux citoyens serbes de déci­der libre­ment de leur avenir.

La démo­cra­tie serbe doit éga­le­ment pou­voir se tour­ner vers l’avenir plu­tôt que vers les natio­na­lismes du pas­sé. Une Serbie plei­ne­ment euro­péenne doit être une Serbie res­pec­tueuse de ses voi­sins, de leur sou­ve­rai­ne­té et de leur inté­gri­té ter­ri­to­riale. Cela implique de rompre avec les nar­ra­tifs entre­te­nant la nos­tal­gie d’une « Grande Serbie », comme ont encore pu le mon­trer les condi­tions qua­si offi­cielles entou­rant les funé­railles de Ratko Mladić, condam­né par la jus­tice inter­na­tio­nale pour géno­cide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

La récon­ci­lia­tion des Balkans ne peut pas­ser par la réha­bi­li­ta­tion de ceux qui ont por­té les guerres et les vio­lences des années 1990. Elle passe par la recon­nais­sance des vic­times, le res­pect des fron­tières, le dia­logue entre les peuples et l’adhésion pleine et entière aux valeurs européennes.

Enfin, le Parti socia­liste appelle le Parti popu­laire euro­péen (PPE) à aller au terme de sa démarche concer­nant le SNS. La cré­di­bi­li­té des familles poli­tiques euro­péennes repose aus­si sur leur capa­ci­té à tirer les consé­quences des atteintes aux prin­cipes démo­cra­tiques lorsqu’elles sont com­mises par leurs par­te­naires. Le PPE doit notam­ment se démar­quer clai­re­ment des forces euro­péennes d’extrême droite et de leurs conver­gences poli­tiques avec la Russie de Vladimir Poutine.

La France a besoin d’une rela­tion forte avec la Serbie. L’Europe a besoin d’une Serbie euro­péenne. Et la Serbie a besoin de pou­voir choi­sir libre­ment son ave­nir. Le Parti socia­liste appelle donc au chan­ge­ment démo­cra­tique en Serbie et exprime sa soli­da­ri­té avec toutes celles et tous ceux qui, paci­fi­que­ment, tra­vaillent à le rendre possible.

 

Anna PIC, dépu­tée de la Manche, vice-pré­si­dente du groupe PS de l’Assemblée natio­nale char­gée des rela­tions internationales
Pierre PRIBETICH, dépu­té de la Côte d’Or, chef de file des dépu­tés socia­listes à la com­mis­sion des affaires étrangères
Rachid TEMAL, séna­teur du Val d’Oise, vice-pré­sident de la com­mis­sion des affaires étran­gères et des forces armées
Chloé RIDEL, dépu­tée euro­péenne, membre de la com­mis­sion des affaires étran­gères du Parlement européen
Cécilia GONDARD, secré­taire natio­nale à l’Europe, membre de la pré­si­dence du PSE
Dylan BOUTIFLAT, secré­taire natio­nal aux rela­tions internationales

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