Secrétaire de section de Wittelsheim depuis cinq ans et trésorière fédérale depuis 2021, Nicole milite au Parti socialiste depuis 2006. Dans une commune devenue la première d’Alsace à élire une maire RN, elle fait vivre une section où le débat, l’écoute et la convivialité occupent une place centrale. Entre mobilisation contre l’extrême droite, préparation des réunions et fidélité à ses convictions, elle raconte un engagement de longue haleine, porté par la force du collectif.
Bonjour Nicole, peux-tu nous raconter ton parcours militant ?
J’ai adhéré au Parti socialiste en 2006, dans le contexte de l’après 21 avril 2002. Je suis secrétaire de section depuis cinq ans. Depuis 2021, j’ai occupé les fonctions de trésorière fédérale de 2021 à 2025, puis de trésorière adjointe à la suite du congrès de Nancy. Je suis aussi membre membre de la Commission nationale de contrôle financier.
Qu’est-ce qui t’a fait rejoindre le Parti socialiste ?
J’avais déjà, adolescente, un fort penchant pour la gauche. Je viens d’un milieu ouvrier : ma mère était femme de ménage et mon père ouvrier, et mes années de lycée m’ont ouvert les yeux sur le monde du travail, les inégalités et le capitalisme.
À l’époque, j’hésitais entre voter écologiste ou socialiste. Après l’élimination de Lionel Jospin en 2002, je me suis dit qu’il fallait arrêter de tergiverser et choisir un parti capable de gouverner. Le Parti socialiste m’est apparu comme la force politique la plus solide, avec une idéologie structurée et une véritable capacité à exercer le pouvoir.
Pourquoi as-tu accepté de devenir secrétaire de section ?
C’est mon ancienne secrétaire de section qui m’a proposé de lui succéder. Je n’ai pas hésité une seconde. J’avais envie de m’investir davantage, de faire évoluer les choses à mon échelle et d’avoir un impact concret.
À quoi ressemble une semaine type dans ta section ?
Nous nous réunissons une fois par mois. Deux semaines avant, je réserve la salle et je prépare un ordre du jour qui s’appuie sur l’actualité locale, nationale et internationale ainsi que sur les informations à transmettre aux militant·es.
Mais l’essentiel, ce sont les échanges. Les discussions occupent une place très importante. Il faut que chacun se sente écouté et puisse partager son point de vue. C’est aussi ce qui permet de maintenir le lien avec le parti : sans ces moments de convivialité et de débat, beaucoup se contenteraient de cotiser sans vraiment participer ou arrêteraient peut-être de cotiser.
Quel événement t’a le plus marqué cette année ?
Le lancement du vote électronique. Nous nous sommes vraiment mobilisés pour permettre à chacun de voter malgré les difficultés techniques rencontrées.
Quel est le profil des militants de ta section ?
La majorité de nos adhérents sont des retraités. Pendant le confinement, nous avons mis en place des réunions en visioconférence pour maintenir le lien entre les camarades, à la demande de l’un d’eux.
As-tu des conseils pour bien animer une section ?
Le plus important est de permettre à tout le monde de s’exprimer. Chacun doit pouvoir parler, être écouté et aller au bout de son intervention.
Il faut parfois instaurer un tour de parole afin d’éviter les frustrations et de garantir un débat respectueux.
Quelle est ta plus grande fierté socialiste ?
C’est d’avoir su durer dans le temps. Je suis fière d’être restée constante sur les valeurs et les lignes que je défends, sans avoir besoin de grands effets de manche.
Qu’est-ce qui te donne envie de continuer à militer ?
Si nous abandonnons, que restera-t-il ? Pour moi, le Parti socialiste est un rempart face aux injustices et face à la montée du climatoscepticisme.
Je suis convaincue que nous serions plus forts si davantage de personnes adhéraient à un parti politique ou à un syndicat. Devant sa télévision, on ne fait pas avancer les choses.
Et puis il y a aussi les camarades. Certains se demandent parfois pourquoi nous continuons, mais le simple fait de nous retrouver fait du bien. Ces liens comptent énormément.
Quel est le combat local qui te tient le plus à cœur aujourd’hui ?
Plusieurs adhérent·es de notre section ont participé aux élections municipales dans leurs communes. Aujourd’hui, notre priorité est de combattre le Rassemblement national. Notre commune est devenue la première d’Alsace à élire une maire RN. Un recours en annulation a été engagé et nous travaillons à construire l’union pour mieux combattre l’extrême droite.
Sur le terrain, le RN est finalement plus présent sur les réseaux sociaux que dans la vie quotidienne. La maire cultive une image très lisse et policée, tandis que des responsables nationaux comme Sébastien Chenu sont venus préparer les prochaines échéances électorales.
On dit souvent que la politique est compliquée. Que réponds-tu à cela ?
Oui, la politique demande de s’informer et d’accepter la nuance. C’est pourquoi j’encourage les militant·es à lire la newsletter du Parti socialiste et, plus largement, les différentes productions du parti.
Quel est le plus grand mythe sur le militantisme que tu aimerais déconstruire ?
L’idée que les militant·es socialistes seraient simplement des suiveurs. Ce n’est absolument pas vrai.
Au Parti socialiste, je garde mon esprit critique et ma vigilance. L’engagement ne signifie pas renoncer à réfléchir par soi-même.
Quel responsable politique t’inspire le plus aujourd’hui ?
Olivier Faure m’inspire par sa constance, la cohérence de ses prises de position et sa manière d’incarner ses responsabilités.