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Entendre la colère sociale, garantir le droit de manifester, protéger les personnes et les biens

Ce same­di 17 octobre, 800 000 Françaises et Français ont mani­fes­té paci­fi­que­ment par­tout dans le pays pour expri­mer leur colère, pla­çant leurs pas dans ceux des lycéennes et des lycéens qui se mobi­lisent depuis plu­sieurs semaines pour pou­voir s’instruire dans des condi­tions dignes et adaptées.

Le Parti Socialiste salue et sou­tient cette mobilisation.

Mais ce grand mou­ve­ment social a été empê­ché, écra­sé, par la faillite du main­tien de l’ordre.

À Paris, Lille, Marseille, Limoges, Rennes, Nantes, Bordeaux, Strasbourg, Montpellier et dans tant d’autres villes dans l’hexagone comme en Outre-mer, des cas­seurs et des pillards ont pris d’assaut des bâti­ments publics comme des com­merces, lais­sant der­rière eux un état de déso­la­tion et des outils de tra­vail dévas­tés. Mais la sidé­ra­tion ne doit pas conduire à mépri­ser les reven­di­ca­tions por­tées par les Français.

Les témoi­gnages des maires, en pre­mière ligne face à la défaillance de l’Etat, sont sans appel, les effec­tifs de police étaient lar­ge­ment insuf­fi­sants, le dis­po­si­tif poli­cier inadap­té. Des quar­tiers entiers ont été lar­ge­ment aban­don­nés aux pillards et aux cas­seurs pen­dant plu­sieurs heures.

Pendant que ces der­niers agis­saient à leur guise, les mani­fes­tants paci­fiques ont eux sou­vent été empê­chés dans leur par­cours, par­fois nas­sés, sys­té­ma­ti­que­ment gazés et nous déplo­rons de nou­veau des lycéennes et lycéens gra­ve­ment et irré­mé­dia­ble­ment bles­sés, comme à Mulhouse encore.

En échouant à garan­tir nos liber­tés publiques, l’État a por­té atteinte à la liber­té fon­da­men­tale de manifester.

Une Commission d’enquête par­le­men­taire devra faire toute la lumière sur la pré­pa­ra­tion, le dimen­sion­ne­ment et à la conduite des opé­ra­tions de main­tien de l’ordre depuis le début du mou­ve­ment lycéens. Nous en por­te­rons la demande à l’Assemblée natio­nale et au Sénat. Le droit de mani­fes­ter paci­fi­que­ment doit être garan­ti, les vio­lences poli­cières sanc­tion­nées, l’usage des armes muti­lantes contres les mineurs interdites.

Le gou­ver­ne­ment doit orga­ni­ser sans délai un débat devant le Parlement pour s’expliquer devant la repré­sen­ta­tion natio­nale sur les graves dys­fonc­tion­ne­ments consta­tés ces der­nières semaines et pré­sen­ter un plan de sor­tie de crise. Il ne peut conti­nuer à res­ter sans réaction.

C’est le choix du pour­ris­se­ment du mou­ve­ment qui conduit à sa radi­ca­li­sa­tion. Dans un tel contexte, la République doit ras­sem­bler, pas cher­cher à oppo­ser deux camps irré­duc­tibles : celui de l’ordre à celui de la jus­tice. L’un ne peut aller dura­ble­ment sans l’autre. La colère des Françaises et des Français appelle donc aus­si et sur­tout des réponses urgentes et concrètes.

Cette colère, c’est celle d’une majo­ri­té de nos conci­toyens pour qui le tra­vail ne per­met plus de vivre digne­ment, asphyxiés dans leur quo­ti­dien par les prix des car­bu­rants, du loge­ment ou de l’alimentation.

Parti socia­liste demande au gou­ver­ne­ment d’ouvrir des négo­cia­tions pour reva­lo­ri­ser les salaires et les mini­mas sociaux et pour bais­ser les prix du car­bu­rant à la pompe par l’en­ca­dre­ment des marges des raf­fi­neurs. Pour la jeu­nesse, nous deman­dons la réno­va­tion des bâti­ments sco­laires, l’ouverture de postes dans l’Éducation natio­nale ain­si que la reva­lo­ri­sa­tion des métiers et l’abrogation de Parcoursup. Des mesures fortes de jus­tice fis­cale s’imposent pour que la socié­té s’apaise.

Nous répon­drons aux pro­po­si­tions de ren­contre avec le Gouvernement. Mais il s’agit main­te­nant d’apporter une réponse poli­tique à une crise sociale. C’est à l’ensemble de ces condi­tions que la déses­ca­lade est possible.

Nous y pren­drons toute notre part.

Parti Socialiste,
Groupe
Socialistes et appa­ren­tés à l’Assemblée nationale,
Groupe Socialiste, Écologiste et Républicain au Sénat,

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