Partager

Vente de LMB Aerospace à un groupe américain : le gouvernement a‑t-il renoncé à notre souveraineté industrielle et stratégique ?

À rebours de toutes les ambi­tions qu’il affiche en matière de « réveil stra­té­gique », d’affirmation de la sou­ve­rai­ne­té fran­çaise et euro­péenne, de réin­dus­tria­li­sa­tion ou encore de maî­trise des chaînes de pro­duc­tion, le gou­ver­ne­ment a confir­mé hier la vente de l’équipementier fran­çais LMB Aerospace – qui fabrique notam­ment des ven­ti­la­teurs pour les Rafale, les sous-marins nucléaires ou encore le porte-avions Charles de Gaulle – au groupe amé­ri­cain Loar Group. Et ce contre l’avis de la Direction géné­rale de l’armement (DGA) et sans exi­ger la moindre par­ti­ci­pa­tion de la banque publique d’investissement Bpifrance.

Derrière les grands dis­cours et les effets de com­mu­ni­ca­tion, symp­to­ma­tiques des man­dats d’Emmanuel Macron, c’est un nou­veau renon­ce­ment à notre sou­ve­rai­ne­té indus­trielle et éner­gé­tique dont les effets seront par­ti­cu­liè­re­ment néfastes sur le long-terme.

Depuis des années, les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs laissent des acteurs indus­triels stra­té­giques pour les inté­rêts fran­çais tom­ber dans l’escarcelle d’intérêts étran­gers. LMB Aerospace aujourd’hui, le fabri­cant de com­po­sants élec­tro­niques Exxelia hier. Nous dénon­çons le pas­sage sous contrôle étran­ger d’acteurs indus­triels clés de la défense, au mépris de la pro­tec­tion de nos contrats stratégiques.

Cette déci­sion est d’autant plus grave dans le contexte géo­po­li­tique que nous connais­sons depuis l’élection de Donald Trump. Alors que la France et l’Union euro­péenne doivent de toute urgence sor­tir de leur dépen­dance vis-à-vis des États-Unis, notam­ment sur le plan mili­taire, nous leur bra­dons aujourd’hui un de nos actifs stratégiques. 

Rappelons-le, les Américains contraignent la pos­si­bi­li­té pour leurs indus­triels de la défense de vendre cer­tains équi­pe­ments et même pour leurs ache­teurs, de les uti­li­ser, dans le cadre des règles “ITAR”. Concrètement, cela pour­rait per­mettre aux États-Unis d’avoir un droit de regard sur la vente de maté­riels mili­taires fran­çais à nos alliés.

Comment le gou­ver­ne­ment compte-il être cré­dible auprès de ses par­te­naires euro­péens lorsqu’il entrave les efforts actuels de ren­for­ce­ment de la sou­ve­rai­ne­té indus­trielle fran­çaise et euro­péenne en don­nant son blanc-seing au pas­sage sous contrôle étran­ger d’acteurs indus­triels stratégiques

Les outils de contrôle sont pour­tant là : le décret Montebourg a élar­gi dès 2014 les pou­voirs de l’État pour blo­quer les rachats étran­gers dans les sec­teurs stra­té­giques, de l’énergie à la défense.

Nous n’ac­cep­tons aucune com­plai­sance vis-à-vis d’intérêts étran­gers, quels qu’ils soient : le gou­ver­ne­ment doit se sai­sir des outils dont il dis­pose pour pro­té­ger nos actifs stra­té­giques et mettre en place une véri­table poli­tique de sou­ve­rai­ne­té indus­trielle fran­çaise et européenne.

Logo Parti Socialiste
Logo Parti Socialiste

Les dernières actualités

Logo Parti Socialiste