Depuis plusieurs semaines, Fabrice Barusseau, député de Charente-Maritime, porte une proposition de loi afin de garantir l’accès à l’assurance pour les ménages, les entreprises et les collectivités. Après avoir été adoptée le 3 décembre en commission dans le cadre de la journée réservée au groupe Socialistes & apparentés, cette proposition de loi sera examinée le mardi 7 et mercredi 8 avril en séance publique.
Le changement climatique n’est plus une menace abstraite. Il affecte d’ores et déjà la vie quotidienne de nos concitoyen.nes et la solidité de nos territoires : incendies, inondations, sécheresses, recul du trait de côte, phénomène de retrait-gonflement des sols argileux …
Les coûts liés à ces catastrophes naturelles ont été multipliés par six depuis les années 1980. Ils ont atteint 5,2 milliards d’euros en 2025 et pourraient doubler d’ici 2050.
En découlent deux risques majeurs :
- Le risque de retrait des assureurs des zones les plus exposées, qui priverait les ménages et les entreprises d’une couverture essentielle et fragiliserait les territoires ;
- L’inefficacité des reconstructions répétées et à l’identique, qui perpétuent une vulnérabilité coûteuse et injuste.
Au‑delà des biens privés, les collectivités territoriales sont elles-mêmes directement exposées. Une part croissante des communes, notamment rurales, littorales ou ultramarines, n’est plus assurée ou ne dispose que d’une couverture partielle, faute d’offres disponibles ou de primes soutenables.
C’est l’objet de cette proposition de loi : garantir un accès équitable à l’assurance pour tous et éviter les déserts assurantiels.
Elle vise à la fois à protéger les Français·es des conséquences du changement climatique tout en consacrant une vision renouvelée de l’assurance : non plus une simple réparation, mais un instrument de la transition écologique via l’arrêt de la reconstruction à l’identique et permettre une reconstruction résiliente après une catastrophe naturelle.
Notre action climatique ne peut pas reposer exclusivement sur l’atténuation. Réduire nos émissions, transformer nos modèles productifs, sortir des énergies fossiles est indispensable, vitale même, mais ne suffit plus.
Il est temps de faire entrer notre pays dans l’ère de l’adaptation. Ainsi, si ce texte était adopté, cela serait la première fois que l’adaptation au changement climatique serait inscrite dans la loi. C’est une première étape vers la planification écologique que nous appelons de nos vœux.