Les député·es socialistes et apparentés ont rejeté le projet de loi constitutionnelle relatif à la Nouvelle-Calédonie.
Notre position sur ce sujet est constante et nous le redirons autant que nécessaire : il n’y aura pas de solution durable en Nouvelle Calédonie assurant la paix, la stabilité et le développement, sans un accord consensuel. Cela a été la force des accords de Matignon en 1988 et de Nouméa en 1998, et c’est l’échec de l’accord d’Elysée-Oudinot, signé en début d’année par une partie des acteurs seulement.
Sur le fond du projet de loi, nous avons exprimé en commission nos craintes sur les flous persistants non résolus par les accords comme les risques d’hyper-provincialisation ou quand aux garanties nécessaires à l’exercice effectif du droit à l’autodétermination
Enfin, le texte contenait par un amendement du gouvernement adopté au Sénat un quatrième report des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. Utiliser la Constitution pour reporter des élections, alors que le juge constitutionnel avait estimé en novembre que la loi ne le permettait pas au-delà du mois de juin, aurait été une première dans notre histoire républicaine.
Le gouvernement doit désormais tirer toutes les conséquences en retrouvant une posture d’impartialité et en relançant le dialogue.
Après les élections provinciales, qui doivent avoir lieu d’ici à la fin du mois de juin, une nouvelle séquence de dialogue devra être organisée afin d’aboutir à un accord durable, s’appuyant notamment sur ce qui fait consensus et des innovations contenues dans Bougival, à la hauteur des enjeux institutionnels, économiques et civiques de la Nouvelle-Calédonie. Notre Parlement pourra être associé à ce processus afin d’en transposer au plus vite le résultat dans la Constitution.
Il y a une semaine, nous rendions hommage à Lionel Jospin. Sur la Nouvelle-Calédonie, et dans le prolongement de l’action de Michel Rocard, il avait su imposer une méthode exigeante. En mai 2024, face à la crise, il la rappelait avec force : « Pour sortir du mieux possible de l’actuelle épreuve, il faut impérativement renouer avec le désir de concorde et la recherche de consensus qui ont guidé les forces politiques néo-calédoniennes quand elles étaient assurées de l’impartialité de l’Etat. »Ces mots doivent continuer à nous guider.