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Notre déclaration politique – 17eme législature

Par cette décla­ra­tion, nous dépu­tées et dépu­tés, élus dans le cadre des élec­tions légis­la­tives des 29–30 juin et 6–7 juillet 2024, nous consti­tuons en Groupe Socialistes et appa­ren­tés pour la XVIIème légis­la­ture de la Vème République.

Nous appe­lons le Président de la République à res­pec­ter la volon­té du peuple fran­çais et à nom­mer un Premier ministre ou une Première ministre dési­gné par le Nouveau Front Populaire. Tant qu’il ne l’aura pas fait, notre groupe se consti­tue­ra en tant que groupe d’opposition.

En toutes cir­cons­tances, nous agi­rons dans le sens de l’intérêt géné­ral et en fidé­li­té avec les enga­ge­ments pris auprès des Françaises et des Français.

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Résolument tour­nés vers les grands défis de notre siècle, qu’ils soient sociaux, éco­lo­giques, éco­no­miques, démo­cra­tiques et poli­tiques, et conscients des frac­tures qui tra­versent aujourd’hui notre pays, nous fai­sons le choix d’inscrire notre action dans la conti­nui­té de luttes et d’engagements qui nous obligent.

Depuis plus d’un siècle, aiman­tées par trois grandes exi­gences, la Justice, l’Égalité et l’Émancipation, les grandes avan­cées sociales et socié­tales ont été le fait de l’action ou de la mobi­li­sa­tion de la gauche. C’est elle qui a construit la République sociale et laïque et bâti son arma­ture huma­niste, son modèle social, l’État de droit, les liber­tés publiques, la laï­ci­té et l’égalité entre les femmes et les hommes.

Nous sommes les héri­tiers d’une longue his­toire, celle de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et de la Nuit du 4 août, celle des ouvriers de 1848 et des Républicains du 4 sep­tembre 1870, celle des insur­gés de la Commune et des pro­mo­teurs des liber­tés syn­di­cales, celle des Dreyfusards et des arti­sans de la loi de 1905, celle des répu­bli­cains émi­nents de l’école laïque et des lois sociales, celle du Front popu­laire et des congés payés, celle de la Résistance et des fon­da­teurs de la Sécurité sociale, celle de la lutte pour l’abolition de l’esclavage et de la lutte pour la déco­lo­ni­sa­tion, celle des femmes reven­di­quant leurs droits et leurs liber­tés, celle de l’abolition de la peine de mort et de l’instauration du mariage pour toutes et tous, celle de la décen­tra­li­sa­tion et des liber­tés locales, celle de la construc­tion euro­péenne et de l’amitié entre les peuples, celle des lan­ceurs d’alerte et des défen­seurs de l’environnement, celle de la science et du progrès.

Cette his­toire est vivante, nous enten­dons en pour­suivre le récit, sans jamais renon­cer à la refon­da­tion des idées et des pratiques.

Nous agi­rons en coor­di­na­tion constante avec le Parti socia­liste, le Groupe Socialiste du Sénat, la délé­ga­tion fran­çaise du Groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement euro­péen et les élues et élus locaux socia­listes et apparentés.

Nous serons par­tie pre­nante de l’indispensable ras­sem­ble­ment de la gauche et des éco­lo­gistes, pour enfin en faire une force alter­na­tive capable de rede­ve­nir majo­ri­taire dans le pays et d’assumer les res­pon­sa­bi­li­tés de l’État.

Nous serons en lien per­ma­nent avec les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, asso­cia­tives et citoyennes. Nous croyons au dia­logue social, au com­pro­mis et à la par­ti­ci­pa­tion citoyenne. Nous avons la convic­tion que le temps de l’action poli­tique ne peut être celui des réseaux sociaux.

Nous refu­se­rons toute bru­ta­li­sa­tion du débat public et poli­tique. Le res­pect, l’écoute et le dia­logue nous gui­de­ront tou­jours dans nos échanges avec tous nos par­te­naires et interlocuteurs.

Nous garan­ti­rons la pari­té dans les nomi­na­tions déci­dées et les can­di­da­tures pré­sen­tées par le Groupe Socialistes et appa­ren­tés dans les dif­fé­rentes ins­tances de l’Assemblée nationale.

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La XVIème légis­la­ture s’est ache­vée pré­ci­pi­tam­ment au bout de deux années, après une dis­so­lu­tion déci­dée par le pré­sident de la République, au soir d’élections euro­péennes où la gauche et les éco­lo­gistes étaient par­tis divi­sés et où l’extrême droite a recueilli près de 37 % des suf­frages expri­més contre moins de 15 % pour la liste sou­te­nue par le camp présidentiel.

Face au risque inédit d’une majo­ri­té abso­lue d’extrême droite à l’Assemblée natio­nale, et mal­gré une cam­pagne de seule­ment trois semaines, la gauche et les éco­lo­gistes ont su se mon­trer dou­ble­ment res­pon­sables : en s’unissant d’abord dès le pre­mier tour dans la très grande majo­ri­té des cir­cons­crip­tions autour d’un pro­gramme détaillé et chif­fré, dans le cadre du Nouveau Front popu­laire, puis en ini­tiant au second tour un mou­ve­ment de désis­te­ments répu­bli­cains sans pré­cé­dent dans son ampleur.

Cette res­pon­sa­bi­li­té a per­mis de faire battre l’extrême droite, dans un contexte de forte par­ti­ci­pa­tion des élec­teurs et élec­trices au scru­tin. Néanmoins, l’extrême-droite voit son nombre de dépu­tés pro­gres­ser et consti­tue aujourd’hui le pre­mier groupe à l’Assemblée nationale. 

Nous n’avons et ne bana­li­se­rons jamais l’extrême droite et son idéo­lo­gie raciste, anti­sé­mite et xéno­phobe. Jamais nous ne mêle­rons nos voix à leurs ini­tia­tives ni ne vote­rons pour leurs dif­fé­rents can­di­dats. Pour nous, il n’y a rien à espé­rer du natio­na­lisme et de l’obscurantisme, l’extrême droite est une impasse autant qu’un dan­ger. Combattre ses idées extré­mistes à l’Assemblée natio­nale sera donc l’une des bous­soles de notre mandat.

Au soir du 7 juillet, c’est la gauche et les éco­lo­gistes qui sont sor­tis en tête des élec­tions légis­la­tives, sans pour autant être majo­ri­taires, dans le cadre du Nouveau Front popu­laire. C’est le signe que les Françaises et les Français veulent sor­tir du tête-à-tête mor­ti­fère entre un pro­jet néo-libé­ral et un pro­jet réac­tion­naire et xéno­phobe. C’est la preuve qu’un pro­jet axé sur la jus­tice sociale, éco­lo­gique et ter­ri­to­riale peut consti­tuer une alter­nance au macro­nisme et une alter­na­tive à l’extrême droite.

Le pro­gramme du Nouveau Front popu­laire – qui fait du sou­tien au pou­voir de vivre, de la répa­ra­tion des ser­vices publics et du finan­ce­ment mas­sif d’une tran­si­tion éco­lo­gique socia­le­ment juste ses trois piliers – consti­tue­ra notre base de com­bats com­muns avec nos par­te­naires de la gauche et de l’écologie à l’Assemblée nationale.

Enfin, et pour la deuxième légis­la­ture consé­cu­tive, le pré­sident de la République ne dis­po­se­ra pas d’une majo­ri­té à l’Assemblée natio­nale. Ses dépu­tés sont même en net recul d’un point de vue numé­rique. Les élec­teurs et élec­trices ont à la fois sanc­tion­né sa poli­tique injuste, faite pour celles et ceux qui ne manquent de rien, mais aus­si une pra­tique du pou­voir qui a bru­ta­li­sé le Parlement, contour­né les corps inter­mé­diaires et mépri­sé les élus locaux.

Force est de consta­ter que le gou­ver­ne­ment et les dépu­tées et dépu­tés de la majo­ri­té rela­tive entre 2022 et 2024 sont les prin­ci­paux res­pon­sables de cette Assemblée natio­nale qui n’a jamais vrai­ment pu et su fonctionner.

Comme sous la pré­cé­dente légis­la­ture, nous réité­rons notre volon­té de nous ins­crire dans ce « par­le­men­ta­risme de fait » qui n’est pas contre-nature à par­tir du moment où l’on per­met au Parlement d’exercer ses mis­sions consti­tu­tion­nelles (légi­fé­rer, contrô­ler et éva­luer) dans leur pleine mesure.

Cette cen­tra­li­té retrou­vée du Parlement impose à toutes et tous de nou­velles pra­tiques pour por­ter les pro­jets utiles à la vie des Françaises et des Français.

Nous par­ti­ci­pe­rons à l’invention de ces nou­velles pra­tiques et nous serons force de pro­po­si­tion, convain­cus que la lutte contre les injus­tices et les inéga­li­tés, la mobi­li­sa­tion contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et l’engagement face à l’urgence éco­lo­gique se confondent avec le com­bat démo­cra­tique et humaniste.

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Nous nous bat­trons dans l’intérêt de toutes les Françaises et de tous les Français, au pre­mier rang des­quels les classes popu­laires et les classes moyennes. Permettre aux classes popu­laires de conqué­rir leur éman­ci­pa­tion et leur digni­té, c’est en réa­li­té per­mettre à toute la socié­té de s’émanciper ; défendre et accom­pa­gner les classes moyennes, c’est en réa­li­té sécu­ri­ser tout notre pro­jet de socié­té. Nous nous tien­drons aux côtés de celles et de ceux qui n’ont que leur force de tra­vail pour vivre, quand ils ont un tra­vail et qu’ils arrivent à en vivre.

Nous serons les mili­tants inlas­sables de la jus­tice sociale, fis­cale et éco­lo­gique et de l’égalité réelle.

Cet enga­ge­ment est néces­saire pour contrer la pro­gres­sion des idées d’extrême droite, qui ont pros­pé­ré sur nos échecs et nos renon­ce­ments. Sa vic­toire n’est pas iné­luc­table. Celle de la gauche doit le devenir.

Nous défen­drons le tra­vail de valeur et la recon­nais­sance de l’utilité sociale. Chacune et cha­cun doit pou­voir vivre dans la digni­té d’un tra­vail de qua­li­té, por­teur de sens, jus­te­ment rému­né­ré et mis au béné­fice d’une éco­no­mie durable. Nous nous bat­trons pour un juste par­tage de la valeur ajou­tée et de la richesse créée, pour que les salaires – en pre­mier lieu le SMIC por­té à 1 600 euros net – soient aug­men­tés et le pou­voir d’achat garan­ti. Nous reva­lo­ri­se­rons les petites retraites. Nous don­ne­rons aux tra­vailleurs les plus pré­caires, comme ceux des pla­te­formes ou les tra­vailleurs et tra­vailleuses indé­pen­dants, la pro­tec­tion sociale dont ils ont besoin et les droits qui leurs sont dus. Nous recon­naî­trons l’engagement des fonc­tion­naires et de l’ensemble des agents publics, avec une amé­lio­ra­tion de leurs condi­tions de tra­vail et de leurs rémunérations.

Nous serons au cœur de la lutte pour la pleine san­té au tra­vail, pour la pré­ven­tion de la péni­bi­li­té, le pla­fon­ne­ment des écarts de salaires et la défense des droits sociaux contre les attaques de notre modèle social. Nous agi­rons pour la jus­tice fis­cale, avec un ali­gne­ment de la fis­ca­li­té du tra­vail et du capi­tal, une meilleure pro­gres­si­vi­té de l’impôt et une plus forte taxa­tion des plus aisés – avec notam­ment le réta­blis­se­ment de l’ISF com­pre­nant un volet cli­ma­tique – et des grandes entre­prises. Nous ferons la pro­mo­tion de l’économie sociale et soli­daire comme une des orga­ni­sa­tions de l’entreprise et une des voies de déve­lop­pe­ment de notre éco­no­mie. Nous défen­drons la par­ti­ci­pa­tion des sala­riés dans les conseils d’administration et l’ouverture des droits sociaux à 18 ans. Nous por­te­rons l’abrogation des réformes des retraites, de l’assurance chô­mage et du RSA et leur pré­fé­re­rons tou­jours une pro­tec­tion sociale adap­tée aux défis de notre temps.

Nous lut­te­rons contre le dérè­gle­ment cli­ma­tique et serons les arti­sans déter­mi­nés de la tran­si­tion éner­gé­tique, de la trans­for­ma­tion éco­lo­gique de nos modes de vie et de la pro­tec­tion de la bio­di­ver­si­té. Guidé par un impé­ra­tif de jus­tice et por­té par la mobi­li­sa­tion de la jeu­nesse, le com­bat éco­lo­gique sera un levier de trans­for­ma­tion sociale, éco­no­mique et d’amélioration de la condi­tion humaine, une oppor­tu­ni­té de vivre mieux, de mieux se loger, de mieux se nour­rir, de mieux se dépla­cer, etc. Cette pers­pec­tive, pre­nant soin à la fois de l’être humain et de l’environnement, est la seule qui puisse conci­lier tran­si­tion éco­lo­gique et pré­ven­tion des crises sani­taires et des mala­dies. Nous défen­drons une réin­dus­tria­li­sa­tion de nos ter­ri­toires. Nous por­te­rons une poli­tique de sobrié­té et un mix élec­trique qui devra tendre vers le niveau le plus éle­vé d’éner­gies renou­ve­lables tout en garan­tis­sant notre sécu­ri­té d’ap­pro­vi­sion­ne­ment grâce à la pro­lon­ga­tion de notre parc élec­tro­nu­cléaire exis­tant conçu comme éner­gie de transition.

La tran­si­tion éco­lo­gique dans la jus­tice doit être mise au ser­vice des plus défa­vo­ri­sés : fin du monde et fin du mois, même com­bat. Nous por­te­rons un nou­veau modèle de socié­té neutre en car­bone face à l’ac­cé­lé­ra­tion du chan­ge­ment cli­ma­tique, à l’ef­fon­dre­ment de la bio­di­ver­si­té, à la raré­fac­tion des res­sources et aux crises sani­taires liées aux pol­lu­tions de toute nature. Pour répondre à la crise agri­cole, nous pro­tè­ge­rons notre sou­ve­rai­ne­té agri­cole et ali­men­taire face aux accords de libre-échange iniques et garan­ti­rons à nos agri­cul­teurs et agri­cul­trices un prix rému­né­ra­teur en impo­sant aux agro-indus­triels et à la grande dis­tri­bu­tion de nou­velles règles dans le cadre de négo­cia­tions com­mer­ciales. Nous met­trons en œuvre une régu­la­tion active du fon­cier et de la res­source en eau per­met­tant de garan­tir un déve­lop­pe­ment équi­li­bré des ter­ri­toires tout en pré­ser­vant nos espaces agri­coles, natu­rels et fores­tiers, puits de car­bone et la bio­di­ver­si­té. Toutes nos pro­po­si­tions vise­ront à cette pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, co-construite avec les citoyennes et citoyens, les forces vives et les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, et pen­sée comme une grande trans­for­ma­tion de nos modèles pro­duc­tifs, indus­triels et agri­coles, de notre amé­na­ge­ment du ter­ri­toire et de nos modes de vie.

Nous veille­rons au res­pect des pro­messes de la République et culti­ve­rons la cohé­sion natio­nale. Pour nous, la République fran­çaise est un cadre de vie col­lec­tif fon­dé sur la recherche de l’égalité́ réelle comme base des rela­tions sociales et comme mode de pro­duc­tion d’un des­tin com­mun. Nous croyons qu’il existe un che­min pour vivre ensemble et pas seule­ment les uns à côté des autres. Ce che­min s’appelle la République, et nous vou­lons la République jusqu’au bout, fidèles à Jaurès : « Sans la République, le socia­lisme est impuis­sant, sans le socia­lisme, la République est vide. »

La République « jusqu’au bout », c’est la République par­tout, qui offre une place à cha­cune et cha­cun, où qu’il vive. C’est la République qui assure l’égalité ter­ri­to­riale. Nous le savions et les quelques semaines de cam­pagne élec­to­rale nous l’ont confir­mé : trop de nos conci­toyennes et de nos conci­toyens connaissent une situa­tion de déclas­se­ment et par­fois même d’abandon selon leur lieu de vie. Dans la rura­li­té comme dans les quar­tiers popu­laires, ce sont les ser­vices publics qui ont fer­mé ou lais­sé place à des pla­te­formes numé­riques qui excluent les plus vul­né­rables et les plus âgés d’entre nous, ce qui a accru le non-recours aux droits ; c’est le tra­vail qui ne paie pas assez et qui impose de se pri­ver de soins, de repas ou de loi­sirs ; c’est la déser­ti­fi­ca­tion médi­cale qui implique des temps d’attente et des dis­tances inac­cep­tables pour se soi­gner ; c’est encore ce stage ou cette filière d’études aban­don­nés parce que trop loin ou « pas pour nous ».  Toute notre action dans cette légis­la­ture sera menée avec comme fil conduc­teur la néces­si­té de rac­com­mo­der et de garan­tir à l’ensemble des Françaises et des Français, où qu’ils résident sur le ter­ri­toire natio­nal, les mêmes droits et les mêmes opportunités.

La République « jusqu’au bout », c’est ain­si la République qui pro­tège avec une police et une jus­tice au ser­vice de l’intérêt géné­ral, tou­jours irré­pro­chables et aux moyens ren­for­cés ; une République décen­tra­li­sée qui s’appuie sur ses ter­ri­toires, ses élus locaux et ses citoyennes et citoyens et avec des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales dis­po­sant des res­sources néces­saires pour exer­cer leurs com­pé­tences ; une République qui prend soin de nos enfants et de nos aînés ; une République des ser­vices publics, du savoir, du sport et de la culture, par­tout et pour tous, de l’Hexagone aux ter­ri­toires dits d’Outre-mer, des métro­poles aux ter­ri­toires ruraux, qui réduit les frac­tures entre les ter­ri­toires et entre les femmes et les hommes, comble les inéga­li­tés sociales, ter­ri­to­riales et de des­tin. L’école et l’hôpital, l’Éducation et la san­té seront nos prio­ri­tés. La lutte contre les déserts médi­caux et l’élaboration d’une loi sur le grand âge sont deux exemples de com­bats que nous mène­rons de manière transpartisane.

La République « jusqu’au bout », c’est enfin la République qui offre une place à cha­cun, d’où qu’il vienne et quelles que soient son his­toire et sa condi­tion ; une République laïque et uni­ver­sa­liste qui com­bat les com­mu­nau­ta­rismes et l’usage poli­tique des reli­gions ; un uni­ver­sel comme dirait Aimé Césaire « riche de tout le par­ti­cu­lier, riche de tous les par­ti­cu­liers, appro­fon­dis­se­ment et coexis­tence de tous les par­ti­cu­liers » ; la laï­ci­té comme moyen de la paix civile et de la concorde entre toutes et tous.

Nous serons les pro­mo­teurs d’une vision ambi­tieuse et co-construite avec et pour les col­lec­ti­vi­tés et ter­ri­toires dits d’Outre-mer, « Péyi des Océans ». Nous pro­po­se­rons des poli­tiques publiques capables de géné­rer un déve­lop­pe­ment éco­no­mique endo­gène, de réduire les inéga­li­tés sociales, de pré­ser­ver la bio­di­ver­si­té et l’environnement de ces ter­ri­toires. Nous pro­po­se­rons éga­le­ment la recon­nais­sance des droits à l’initiative et à la dif­fé­ren­cia­tion, une domi­ci­lia­tion accrue des res­pon­sa­bi­li­tés au niveau local et une prise en compte constante et déter­mi­née des réa­li­tés locales, des par­ti­cu­la­ri­tés, des iden­ti­tés, des cultures, des poten­tia­li­tés et richesses humaines, sociales, éco­lo­giques, éco­no­miques et ter­ri­to­riales propres à chaque ter­ri­toire. Nous por­te­rons une plus grande pro­tec­tion face aux risques natu­rels et une action réso­lue de lutte contre la vie chère, la pau­vre­té, les mono­poles, la pré­ca­ri­té, le chô­mage, les scan­dales sani­taires et les inéga­li­tés et toutes les formes de dis­cri­mi­na­tion. Nous agi­rons col­lec­ti­ve­ment à la mise en œuvre d’une véri­table conti­nui­té ter­ri­to­riale. Nous nous fixons comme objec­tif de par­ve­nir à une garan­tie d’accès de toutes et tous aux droits, et aux ser­vices publics essen­tiels de qua­li­té comme l’eau, la sécu­ri­té, les trans­ports, les déchets, l’école, le savoir et la san­té notam­ment. Nous faci­li­te­rons le retour des jeunes diplô­més et des tra­vailleurs et tra­vailleuses qua­li­fiés dans leur ter­ri­toire d’origine.

Le loge­ment fait par­tie des grandes pré­oc­cu­pa­tions des Françaises et des Français. Nous pro­po­se­rons une poli­tique de l’ha­bi­tat et du loge­ment qui vise­ra à libé­rer les par­cours rési­den­tiels pour celles et ceux qui sont aujourd’­hui pri­son­niers de leur situa­tion. Nous por­te­rons la relance de la pro­duc­tion de loge­ments grâce à des mesures qui ren­dront sol­vables les pri­mo-accé­dants dont les pro­jets sont aujourd’­hui condam­nés par le niveau des taux d’in­té­rêt. Nous nous mobi­li­se­rons pour étendre par­tout en France l’en­ca­dre­ment des loyers, pour régu­ler les meu­blés de tou­risme et pour ins­tau­rer une garan­tie uni­ver­selle des loyers afin d’aug­men­ter l’offre de loge­ments sur le mar­ché loca­tif pri­vé. Enfin, nous pré­sen­te­rons un grand plan per­met­tant de pro­duire 200 000 loge­ments publics par an, en sou­te­nant l’action des bailleurs sociaux et du monde HLM.

Nous don­ne­rons à la jeu­nesse les moyens de son éman­ci­pa­tion. Pour cela, nous por­te­rons des poli­tiques publiques ambi­tieuses des 1 000 pre­miers jours de l’enfant à ses 25 ans, de l’accompagnement à la paren­ta­li­té dès la gros­sesse à l’accompagnement sur le mar­ché du tra­vail une géné­ra­tion plus tard. Nous sommes convain­cus qu’il ne peut y avoir d’émancipation pour notre jeu­nesse sans un plan natio­nal garan­tis­sant l’accès constant à l’éducation, au savoir, à la for­ma­tion, à la san­té, à la culture, au sport, à la mobi­li­té et au loge­ment, mais aus­si sans des moyens ren­for­cés pour l’aide sociale à l’enfance. Nous abro­ge­rons le ser­vice natio­nal universel.

Nous serons les arti­sans d’une meilleure repré­sen­ta­tion des Françaises et des Français et d’un meilleur équi­libre des pou­voirs au sein de notre République. Beaucoup de citoyennes et de citoyens ont le sen­ti­ment que les déci­sions leur échappent, que l’avenir du pays se décide en dehors d’eux, que le fonc­tion­ne­ment de la vie poli­tique ne per­met pas d’organiser une véri­table repré­sen­ta­tion du peuple. Durant ces sept der­nières années, le pou­voir macro­nien a été carac­té­ri­sé par une confis­ca­tion inédite du pou­voir au pro­fit du pré­sident seul, l’amenuisement pro­gram­mé et non démen­ti des liber­tés publiques, l’absence totale d’association du pays et des corps inter­mé­diaires aux déci­sions, la répres­sion vio­lente de toute contes­ta­tion et la bru­ta­li­sa­tion du Parlement. Cet état des choses favo­rise les réac­tions vio­lentes, la mon­tée des extrêmes, les réac­tions popu­listes ou iden­ti­taires. Il appelle une réforme ambi­tieuse de nos ins­ti­tu­tions. Nous défen­drons la fin de cette monar­chie pré­si­den­tielle qui étouffe la démo­cra­tie fran­çaise. Cette der­nière doit res­pi­rer et vivre entre deux élec­tions. Nous sommes le Groupe qui a été à l’initiative du pre­mier réfé­ren­dum d’initiative par­ta­gée de l’histoire du pays. Nous conti­nue­rons à inno­ver et à uti­li­ser tous les leviers dont nous dis­po­sons pour faire vivre le Parlement, écou­ter les mobi­li­sa­tions citoyennes et défendre l’intérêt géné­ral. Notre convic­tion est claire : la par­ti­ci­pa­tion citoyenne est un anti­corps puis­sant à la vio­lence et aux populismes.

Dans un contexte de mon­tée des ten­sions iden­ti­taires et de recru­des­cence inédite de l’antisémitisme, nous ins­cri­vons notre action dans le cadre de la Charte d’engagement répu­bli­cain contre l’antisémitisme signée par le Parti socia­liste le 24 juin der­nier. Nous nous tien­drons aux côtés de toutes celles et de tous ceux qui luttent au quo­ti­dien contre le racisme, notam­ment anti-musul­man, la xéno­pho­bie, les stig­ma­ti­sa­tions et toute forme de dis­cri­mi­na­tion. Nous por­te­rons un grand plan de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions, dans le domaine du loge­ment, de l’emploi et des contrôles d’identité notamment.

Nous agi­rons comme fémi­nistes, pour l’égalité entre les femmes et les hommes et les droits des femmes, tou­jours mena­cés. Nous met­trons plu­sieurs pro­po­si­tions d’urgence sur la table : mise en place d’une feuille de route pour par­ve­nir à l’égalité sala­riale réelle, allo­ca­tion chaque année de 2,6 mil­liards d’euros contre les vio­lences faites aux femmes, meilleur accom­pa­gne­ment des femmes vic­times de vio­lences et de leurs enfants, gra­tui­té des pro­tec­tions pério­diques, égal accès et effec­ti­vi­té du droit à l’interruption volon­taire de grossesse.

Nous pré­sen­te­rons un plan d’éradication des vio­lences et des dis­cri­mi­na­tions à l’encontre des per­sonnes LGBTQI+.

Nous crée­rons un ser­vice public d’accompagnement des élèves en situa­tion de han­di­cap, en titu­la­ri­sant notam­ment les actuels AESH, nous por­te­rons un plan Handicap qui inté­gre­ra le rem­bour­se­ment com­plet des fau­teuils rou­lants et nous agi­rons pour un pays enfin acces­sible à toutes et tous, quelles que soient les formes de handicap.

Nous mili­te­rons pour que notre socié­té retrouve le goût du pro­grès humain, intel­lec­tuel, scien­ti­fique, tech­nique, médi­cal et éco­lo­gique. Le savoir et la connais­sance sont des piliers incon­tour­nables pour toute com­mu­nau­té humaine qui se pro­jette dans l’avenir. Prendre du retard dans le champ des idées et des décou­vertes nous condam­ne­rait iné­luc­ta­ble­ment à deve­nir spec­ta­teur de l’évolution du monde et impuis­sant à pré­ser­ver notre souveraineté.

C’est pour­quoi, nous défen­drons un bud­get ren­for­cé pour la recherche publique, nous défen­drons les savoirs à l’école et l’université, nous défen­drons la reva­lo­ri­sa­tion des salaires et des condi­tions de tra­vail des ensei­gnantes et ensei­gnants, mais éga­le­ment les dis­po­si­tifs œuvrant pour la mixi­té sco­laire et la limi­ta­tion du nombre d’élèves par classe. Nous met­trons fin au « choc des savoirs ».

Nous agi­rons sans relâche contre la concen­tra­tion des médias, pour l’indépendance des rédac­tions et la péren­ni­té d’un ser­vice public de l’audiovisuel fort. La dés­in­for­ma­tion et les fake news menacent gra­ve­ment notre démo­cra­tie. Nous devons déman­te­ler à l’intérieur de nos fron­tières toute enti­té conçue pour dif­fu­ser ce genre de pra­tiques. Nous devons éga­le­ment nous pro­té­ger contre les ingé­rences étrangères.

Nous conti­nue­rons à nous affir­mer comme des Européennes et Européens exi­geants et des inter­na­tio­na­listes ambi­tieux. Nous défen­drons l’idéal des pères fon­da­teurs – la paix, la démo­cra­tie, la des­ti­née com­mune, la soli­da­ri­té, la fra­ter­ni­té, l’amitié entre les peuples –, qui a per­mis la créa­tion de l’Union euro­péenne. Fidèles à cet esprit et atta­chés à la construc­tion euro­péenne, nous vou­lons refon­der l’Europe en pro­fon­deur, contre le libé­ra­lisme cynique et les égoïsmes natio­naux qui menacent de l’emporter. Nous vou­lons une Europe qui défende sa base indus­trielle et son agri­cul­ture, qui pro­tège son modèle social et ses exi­gences envi­ron­ne­men­tales ain­si que son modèle poli­tique pro­gres­siste, la démo­cra­tie libé­rale au sens de la pré­ser­va­tion des liber­tés et l’État de droit par­tout mena­cés. L’Europe doit être à l’avant-garde de la trans­for­ma­tion éco­lo­gique et sociale, de la défense des liber­tés, des droits humains et du multilatéralisme.

Nous prô­nons une Europe de la défense, dans un contexte de retour de la guerre sur notre conti­nent et de risque de désen­ga­ge­ment amé­ri­cain. Elle devra s’appuyer sur le savoir-faire de ses pays membres et por­ter des poli­tiques d’acquisition pri­vi­lé­giant du maté­riel et des équi­pe­ments pro­duits sur le conti­nent euro­péen. En France, nous mon­tre­rons l’exemple en offrant à notre éco­sys­tème indus­triel de la Défense une visi­bi­li­té de long terme et un volume de com­mandes per­met­tant d’engager les inves­tis­se­ments néces­saires pour retrou­ver rapi­de­ment, notam­ment en matière de muni­tions, des stocks per­met­tant de faire face à la haute inten­si­té et d’entraîner effi­ca­ce­ment nos forces armées.

Nous appor­te­rons un sou­tien indé­fec­tible, plein et entier au peuple ukrai­nien et à l’intégrité des fron­tières ukrai­niennes. Enfin, nous plai­de­rons pour la recon­nais­sance d’un État de Palestine aux côtés de l’État d’Israël.

***

L’heure est venue d’engager notre pays dans ces tran­si­tions démo­cra­tiques, sociales, éco­no­miques et éco­lo­giques, dans une démarche d’apaisement du pays et de confiance retrou­vée. Ces tran­si­tions sont des pro­ces­sus, pour par­ve­nir à une réelle jus­tice ter­ri­to­riale, sociale et éco­lo­gique. Mais il est tard et plus que jamais, tous les voyants sont au rouge des urgences.

Il revient à cette Assemblée natio­nale sans majo­ri­té de prendre à bras le corps l’ensemble de ces défis. Nous, dépu­tées et dépu­tés Socialistes et appa­ren­tés, y tra­vaille­rons avec éner­gie et déter­mi­na­tion lors de cette législature.

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