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La réforme des retraites, un impôt sur la vie des femmes !

60% du coût de la réforme sera supporté par les femmes

 

Les femmes ayant plus de car­rières hachées ou incom­plètes, elles doivent tra­vailler plus long­temps pour avoir toutes leurs annuités.

  • Aujourd’hui, l’âge moyen de départ en retraite des femmes est de 63,2 ans, contre 62,7 ans pour les hommes.
  • Toute réforme qui consiste à allon­ger l’âge légal de départ à la retraite défa­vo­rise de fac­to plus les femmes.

Cette évi­dence a été recon­nue par Franck Riester lui-même, le Ministre des rela­tions avec le Parlement a décla­ré sur LCP il y a quelques semaines :

  • « Les femmes sont évi­dem­ment un peu péna­li­sées (…) On n’a jamais dit (…) que tout le monde était gagnant, on demande un effort aux Français ». 
  • C’est d’ailleurs écrit noir sur blanc dans l’étude d’impact qui accom­pagne le pro­jet de loi du gou­ver­ne­ment : pour la géné­ra­tion 1972, les femmes par­ti­ront en moyenne 9 mois plus tard, contre 5 mois pour les hommes.

Grâce notam­ment au tra­vail d’enquête de Jérôme Guedj, dépu­té socia­liste de l’Essonne, qui a uti­li­sé ses pou­voirs de co-pré­sident de la MECSS (Mission d’é­va­lua­tion et de contrôle des lois de finan­ce­ment de la sécu­ri­té sociale) pour réa­li­ser un contrôle inopi­né au minis­tère des soli­da­ri­tés, nous avons décou­vert que 60% du coût de la réforme sera sup­por­té par les femmes.

Sur les 18 mil­liards d’euros d’économies atten­dues, 11 mil­liards d’euros seront payés par les femmes à tra­vers cet “impôt sur la vie” qu’est le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans.

La solution pour nos retraites, c’est l’égalité salariale !

 

Aujourd’hui, le mon­tant des pen­sions ver­sées aux femmes est infé­rieur de 40 % à celui ver­sé aux hommes. Avec l’ajout des pen­sions de réver­sions l’écart reste majeur : les pen­sions des femmes sont en moyennes 28% infé­rieures aux pen­sions des hommes. Deux rai­sons à cela : 

  • Le taux d’emploi des femmes est infé­rieur au taux d’emploi des hommes. Avec 84 % de femmes au tra­vail contre 92 % pour les hommes, la France figure au 25eme rang sur les 38 pays que compte l’OCDE. 
  • Les salaires des femmes sont infé­rieurs au salaire des hommes. Selon les don­nées d’Eurostat, les femmes per­ce­vaient en 2020 en France un salaire infé­rieur de 15,8 % à celui des hommes.

Ces inéga­li­tés entre les femmes et les hommes privent les caisses de retraites de coti­sa­tions et donc de recettes.

Selon les hypo­thèses rete­nues, le défi­cit du sys­tème de retraites serait com­pris entre 12 et 15 mil­liards d’euros d’ici 2027. Nous ne contes­tons pas ce défi­cit tem­po­raire, lié aux effets du papy-boom. Mais :

  • Le sys­tème de retraites revien­drait de manière pro­gres­sive à l’équilibre à l’horizon 2070. Bien que le sys­tème soit dans les pro­chaines années défi­ci­taire, sa péren­ni­té n’est pas remise en question.
  • Pour com­bler les défi­cits de notre sys­tème de retraites ces pro­chaines années, d’autres pistes de finan­ce­ment existent. Nous les avons défen­dues tout au long des débats à l’Assemblée natio­nale, elles ont été reje­tées par le gouvernement.

Par exemple, si les femmes étaient payées au même niveau que les hommes, cela rap­por­te­rait 12 mil­liards d’euros de coti­sa­tions en 2027, soit exac­te­ment la somme qui est recher­chée par le gou­ver­ne­ment pour nous impo­ser sa réforme des retraites.

Augmenter les salaires des femmes per­met­trait éga­le­ment d’augmenter leurs pen­sions de retraite et de réduire ain­si les inéga­li­tés entre les femmes et les hommes tout au long de la vie.

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