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RDC : la communauté internationale doit répondre à l’appel du président Tshisekedi

Olivier Faure, Premier secré­taire du Parti socia­liste
Dylan Boutiflat, Secrétaire natio­nal aux rela­tions internationales


La prise de Goma par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) sonne comme une alarme : les troupes rwan­daises, qui sou­tiennent acti­ve­ment ces milices, ont dé­ci­dé d’occuper dura­ble­ment le Nord-Kivu, une ré­gion située dans l’est de la République dé­mo­cra­tique du Congo (RDC).

Depuis 2012, des mil­lions de civils ont été tués et dé­pla­cés. Rien qu’en jan­vier, 400.000 per­sonnes ont fui la guerre. Depuis le 26 jan­vier, l’offensive sur Goma a cau­sé la mort de 3000 per­sonnes selon l’ONU. Les Congolais n’ont que trop souf­fert d’un conflit qui dure depuis 30 ans, de l’épuration eth­nique, mais aus­si de l’utilisation comme armes de guerre de la faim et du corps des femmes – plus de 150 pri­son­nières ont ré­cem­ment été vio­lées et brû­lées vives lors d’une éva­sion. Le conseil des droits humains de l’ONU a d’ailleurs adop­té le 7 fé­vrier une ré­so­lu­tion pour lan­cer une enquête inter­na­tio­nale sur les crimes com­mis par les forces occu­pantes, notam­ment les faits d’esclavage sexuel à tra­vers les zones de com­bat et le risque éle­vé de conscrip­tion for­cée d’enfants.

Ce qui se passe dans la ré­gion des Grands Lacs d’Afrique nous concerne tous. Parce qu’il s’agit d’une des plus graves crises huma­ni­taires de ces 3 der­nières dé­cen­nies dans le monde. Le Parti socia­liste renou­velle son sou­tien au pré­sident Tshisekedi pour dé­fendre l’intégrité et la sou­ve­rai­ne­té de la RDC. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, et son chef de la diplo­ma­tie doivent non seule­ment appe­ler au retrait des forces rebelles mais aus­si condam­ner la res­pon­sa­bi­li­té du pré­sident rwan­dais Paul Kagame dans la vio­la­tion du ces­sez-le-feu obte­nu en juillet der­nier. La France et l’UE doivent dé­sor­mais prendre des sanc­tions à l’encontre du Rwanda à com­men­cer par sus­pendre l’accord de l’UE pour des matières stratégiques.

Les efforts diplo­ma­tiques et autres forces d’interposition n’ont jusqu’ici pas frei­né une guerre qui sert d’abord les inté­rêts finan­ciers de Kigali. Le M23 contrôle dé­jà la majeure par­tie de l’exploitation minière, notam­ment celle du col­tan né­ces­saire à la fabri­ca­tion d’ordinateurs et de smart­phones. C’est pour­quoi nous deman­dons à la France de relayer à l’ONU la pro­po­si­tion de Kinshasa d’im­po­ser un embar­go total sur les expor­ta­tions de mine­rais éti­que­tés comme rwandais.

Cette pres­sion diplo­ma­tique est d’autant plus né­ces­saire alors que pour la pre­mière fois les Communautés des États de l’Est (EAC) et pour le Développement de l’Afrique Australe (SADEC) se sont réu­nies ce 7 fé­vrier pour deman­der un ces­sez-le-feu, la dé­ses­ca­lade mili­taire et des ré­ponses à la crise huma­ni­taire. Elles ont même conve­nu de fusion­ner pour cela leurs pro­ces­sus jusqu’ici paral­lèles de ré­so­lu­tion du conflit (ceux de Nairobi et Luanda).

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