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Programmation pluriannuelle de l’énergie : Un point de départ, pas un point d’arrivée

- Vendredi 28 jan­vier 2026

Le gou­ver­ne­ment a enfin publié la Programmation plu­ri­an­nuelle de l’énergie (PPE). Après des mois de retards, d’hésitations et de revi­re­ments, cette publi­ca­tion inter­vient tar­di­ve­ment, alors même que la France fait face à une urgence cli­ma­tique, indus­trielle et éner­gé­tique majeure.

Ces ater­moie­ments ont désor­ga­ni­sé les filières, décou­ra­gé les inves­tis­se­ments et mis en dan­ger des mil­liers d’emplois dans les éner­gies renou­ve­lables comme dans l’industrie électrique.

La PPE pré­serve certes une orien­ta­tion essen­tielle : pour­suivre la décar­bo­na­tion et l’électrification rapide de notre éco­no­mie, réduire notre dépen­dance au pétrole et au gaz au béné­fice du cli­mat, du pou­voir d’achat et de notre sou­ve­rai­ne­té éner­gé­tique, et empê­cher le déman­tè­le­ment des poli­tiques de tran­si­tion éner­gé­tique récla­mé par la droite et l’extrême droite.

Mais ne nous y trom­pons pas : la PPE publiée reste insuf­fi­sante au regard des défis à rele­ver. Elle entre­tient des ambi­guï­tés, reporte des déci­sions struc­tu­rantes et fait peser un risque réel de décro­chage éner­gé­tique et indus­triel pour notre pays.

Pour garan­tir un déve­lop­pe­ment cré­dible du solaire, la France devra viser la four­chette haute de 80 GW, et non se réfu­gier der­rière l’objectif mini­mal de 55 GW.

Atteindre 35 à 40 GW d’éolien ter­restre ne pour­ra se limi­ter au renou­vel­le­ment des ins­tal­la­tions exis­tantes : de nou­veaux parcs devront être assu­més et pla­ni­fiés, dans le res­pect des ter­ri­toires mais sans céder aux blo­cages idéologiques.

L’objectif de 15 GW d’éolien en mer doit désor­mais se tra­duire immé­dia­te­ment par le lan­ce­ment des appels d’offres néces­saires. Quant à la cha­leur renou­ve­lable, son accé­lé­ra­tion sup­pose un enga­ge­ment finan­cier mas­sif de l’État, aujourd’hui absent.

La PPE élude par ailleurs un point déci­sif : les moda­li­tés des appels d’offres pour les éner­gies renou­ve­lables. Sans visi­bi­li­té éco­no­mique claire, aucun indus­triel n’investira dura­ble­ment en France.

Alors même que les éner­gies renou­ve­lables sont désor­mais les sources d’électricité les moins coû­teuses, chaque appel d’offres doit inté­grer des prix plan­chers, des exi­gences de conte­nu euro­péen et une véri­table stra­té­gie de réin­dus­tria­li­sa­tion éner­gé­tique créa­trice d’emplois en France et en Europe.

S’agissant du nucléaire, la confir­ma­tion de six EPR2 répond à la néces­si­té de renou­ve­ler le parc exis­tant. En revanche, l’annonce de huit réac­teurs sup­plé­men­taires, qui ne pro­dui­raient pas d’électricité avant 2050, relève davan­tage de l’affichage poli­tique que de la pla­ni­fi­ca­tion éner­gé­tique sérieuse.

Une déci­sion enga­geant la Nation pour plu­sieurs décen­nies devra être débat­tue démo­cra­ti­que­ment et tran­chée après l’élection pré­si­den­tielle, à la lumière des réa­li­tés tech­no­lo­giques, éco­no­miques et géopolitiques.

Plus lar­ge­ment, la PPE reste silen­cieuse sur l’enjeu pour­tant cen­tral des réseaux élec­triques. Sans inves­tis­se­ments mas­sifs dans les réseaux, le sto­ckage et le pilo­tage du sys­tème éner­gé­tique, aucune élec­tri­fi­ca­tion réus­sie ne sera pos­sible. La sou­ve­rai­ne­té éner­gé­tique fran­çaise ne pour­ra être atteinte sans une coopé­ra­tion euro­péenne ren­for­cée face aux ten­sions géo­po­li­tiques croissantes.

La véri­té est simple : publier une PPE ne suf­fit plus.

Après une pro­gram­ma­tion tar­dive et mini­ma­liste, le gou­ver­ne­ment doit désor­mais pas­ser aux actes. La PPE doit deve­nir un levier d’accélération, non un exer­cice admi­nis­tra­tif supplémentaire.

Nous atten­dons des déci­sions immédiates :

  • la publi­ca­tion sans délai des appels d’offres per­met­tant de relan­cer les éner­gies renouvelables ;
  • l’adoption dès avril 2026 d’un plan mas­sif de sou­tien à l’électrification des trans­ports, du loge­ment et de l’industrie ;
  • et une stra­té­gie éner­gé­tique enfin cohé­rente, stable et lisible pour les col­lec­ti­vi­tés, les entre­prises et les citoyens.

Face à l’urgence cli­ma­tique et indus­trielle, l’indécision n’est plus une option. La France doit choi­sir d’accélérer.

 

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