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Le Parti socialiste dénonce le coup de rabot dans le budget des universités déjà exsangues

Olivier Faure, Premier secré­taire du Parti socia­liste
Gulsen Yildirim, secré­taire natio­nale en charge de l’Enseignement supé­rieur et la Recherche
Alexane Riou, secré­taire natio­nale adjointe en charge de l’Enseignement supé­rieur et la Recherche

Alors que nos uni­ver­si­tés font face à une crise bud­gé­taire sans pré­cé­dent, le Gouvernement Bayrou a déci­dé de bais­ser de 630 mil­lions les cré­dits affec­tés à l’enseignement supé­rieur et à la recherche. En effet, lors de la dis­cus­sion sur le pro­jet de loi de finances au Sénat, un amen­de­ment de der­nière minute por­té par le Gouvernement a été voté en ce sens par la majo­ri­té séna­to­riale de droite et du centre. Cette nou­velle coupe bud­gé­taire inter­vient à la suite des 900 mil­lions d’euros de cré­dits déjà annu­lés en février 2024 par le gou­ver­ne­ment Attal. 

A la lec­ture de l’amendement, on apprend qu’il pro­cède à des annu­la­tions de cré­dits de 219 mil­lions d’euros sur la recherche dans les domaines de l’énergie, du déve­lop­pe­ment et de la mobi­li­té durable, 129 mil­lions d’euros sur le pro­gramme « recherches scien­ti­fiques et tech­no­lo­giques plu­ri­dis­ci­pli­naires », 106 mil­lions d’euros sur la recherche spa­tiale, 55 mil­lions d’euros sur le pro­gramme « for­ma­tions supé­rieures et recherche uni­ver­si­taire » ou encore 8,3 mil­lions d’euros sur la vie étudiante.

Ainsi c’est le bud­get de l’enseignement supé­rieur et de la recherche qui fait les frais des éco­no­mies vou­lues par le Gouvernement, avec l’accord de la majo­ri­té séna­to­riale de droite et du centre. Cette res­tric­tion ne fait qu’ac­croître la pau­pé­ri­sa­tion de nos uni­ver­si­tés qui subissent depuis des années une aug­men­ta­tion de leurs charges sans que leurs res­sources suivent. Un chiffre résume aujourd’hui la situa­tion : 30 uni­ver­si­tés étaient en défi­cit en fin d’année der­nière. Elles seront 60 sur 73 en 2025. 

Cette situa­tion finan­cière inte­nable pour les éta­blis­se­ments risque de se tra­duire par la fer­me­ture de sites et de for­ma­tions, la baisse des capa­ci­tés d’accueil en licence ou en mas­ter, une réduc­tion des cré­dits pour nos labo­ra­toires de recherche et plus lar­ge­ment un recul des ser­vices essen­tiels pour accueillir digne­ment nos étudiants.

Pourtant, fait inédit, il y a à peine quelques semaines, les pré­si­dentes et pré­si­dents d’université mani­fes­taient devant le minis­tère pour expri­mer leurs inquié­tudes. Visiblement cette alerte n’a pas été enten­due alors même que le Premier Ministre affir­mait lors de son dis­cours de poli­tique géné­rale que la recherche et l’éducation seraient une prio­ri­té de son gouvernement. 

Lors des débats, les séna­teurs socia­listes et appa­ren­tés ont dénon­cé avec force cette aus­té­ri­té qui est à contre-cou­rant des défis d’aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que l’enseignement supé­rieur et la recherche pré­parent non seule­ment l’avenir de notre jeu­nesse mais consti­tuent aus­si le moteur de nos capa­ci­tés d’innovation et donc les piliers de notre com­pé­ti­ti­vi­té et de notre crois­sance économique.

C’est pour­quoi, lors des pro­chaines séances au Parlement sur la loi de finances 2025, le Parti Socialiste s’opposera à toute poli­tique bud­gé­taire qui affai­bli­rait nos uni­ver­si­tés, nos cher­cheurs et nos étu­diants. Il est temps de consi­dé­rer l’enseignement supé­rieur et la recherche comme un inves­tis­se­ment, non pas comme un coût à réduire.



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