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Budget 2026 : L’école publique n’est pas une variable d’ajustement

 

 

- Mercredi 28 Janvier 2026 

À l’issue du Comité social d’administration minis­té­riel de pré­pa­ra­tion de la ren­trée, réuni le 26 jan­vier, le constat est sans appel : le bud­get 2026 de l’Éducation natio­nale marque un net recul de l’engagement de l’État.

Derrière les élé­ments de lan­gage sur la « baisse démo­gra­phique », le gou­ver­ne­ment fait le choix d’une poli­tique contraire aux besoins du ser­vice public d’éducation et aux prin­cipes d’égalité répu­bli­caine. Ce bud­get pré­voit ain­si 4 032 sup­pres­sions de postes, dont 2 229 dans le pre­mier degré et 1 803 dans le second degré. Cette orien­ta­tion n’est ni acci­den­telle ni contrainte : elle relève d’un choix poli­tique assumé.

Lors de l’examen bud­gé­taire, le Parti socia­liste a fait le choix de la res­pon­sa­bi­li­té  afin de faire abou­tir des pro­po­si­tions utiles aux Françaises et aux Français, notam­ment en matière de pou­voir d’achat, de soli­da­ri­té et de ser­vices publics. Mais s’agissant de l’École, le gou­ver­ne­ment est res­té sourd aux alertes, aux pro­po­si­tions et aux amen­de­ments por­tés par les par­le­men­taires socia­listes comme par l’ensemble de la com­mu­nau­té éducative.

Pour jus­ti­fier ces sup­pres­sions, le minis­tère invoque l’augmentation du nombre depro­fes­seurs sta­giaires liée aux « incer­ti­tudes des concours », tout en rédui­sant le nombre de postes de titu­laires. Ce choix pré­ca­rise les équipes édu­ca­tives, fra­gi­lise les éta­blis­se­ments et met en cause la conti­nui­té du ser­vice public. C’est une poli­tique d’austérité appli­quée à l’un des piliers fon­da­men­taux de la République.

Dans le pre­mier degré, au pré­texte d’académies pré­ten­du­ment « sur­do­tées », toutes les aca­dé­mies perdent des postes à l’exception de Mayotte et de la Guyane, alors même que les ensei­gnants exercent dans des classes par­mi les plus char­gées d’Europe, avec des moyens insuf­fi­sants et des dif­fi­cul­tés crois­santes de rem­pla­ce­ment. Dans le second degré, seules quelques aca­dé­mies échappent à la baisse, confir­mant une réduc­tion géné­ra­li­sée des moyens.

La baisse démo­gra­phique est ain­si uti­li­sée comme un ali­bi. Les faits contre­disent pour­tant ce dis­cours : entre 2017 et 2023, les effec­tifs du second degré ont aug­men­té tan­dis que plus de 8 000 emplois étaient sup­pri­més. Aujourd’hui que les effec­tifs dimi­nuent, les sup­pres­sions se pour­suivent. La conclu­sion est claire : quels que soient les chiffres, ce gou­ver­ne­ment sup­prime des postes. La démo­gra­phie n’est pas un cri­tère de pilo­tage, mais un prétexte.

À cette poli­tique s’ajoute une com­mu­ni­ca­tion ambi­guë sur l’école inclu­sive. L’annonce de « 2 000 postes sup­plé­men­taires » masque une réa­li­té bien dif­fé­rente : seuls 500 postes d’AESH sont effec­ti­ve­ment créés, le reste rele­vant de redé­ploie­ments ou de postes déjà bud­gé­tés. Dans le même temps, alors que le gou­ver­ne­ment mul­ti­plie les dis­cours sur le cli­mat sco­laire et la pré­ven­tion du har­cè­le­ment, aucun poste de Conseiller prin­ci­pal d’éducation n’est créé.

Ce bud­get révèle un pro­jet poli­tique pré­oc­cu­pant : alors que des avan­cées ont pu être obte­nues dans d’autres domaines, le gou­ver­ne­ment a fait le choix de lais­ser l’École publique par­mi les grandes oubliées de ses arbi­trages budgétaires.

Aux côtés des per­son­nels, des parents et des élèves, le Parti socia­liste défend une École de la République qui ne soit ni une pro­messe vide ni une variable d’ajustement, mais un ser­vice public doté des moyens néces­saires pour garan­tir la réus­site de toutes et tous, par­tout sur le territoire.

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