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ArcelorMittal : L’abandon n’est pas une réponse à la crise

Olivier Faure, Premier secré­taire du Parti socia­liste
Arthur Delaporte, Secrétaire natio­nal à l’Emploi, au Travail et à l’Entreprise nou­velle
Thiébaut Weber, Secrétaire natio­nal aux emplois de demain et aux nou­velles formes de salariat 

Le Parti socia­liste dénonce avec fer­me­té l’annonce par ArcelorMittal de la sup­pres­sion de plus de 600 postes sur ses sites fran­çais de Dunkerque, Florange, Basse-Indre, Mardyck, Mouzon, Desvres et Montataire. Cette déci­sion bru­tale pour les sala­riés, leurs orga­ni­sa­tions syn­di­cales, et les ter­ri­toires concer­nés tombe après plu­sieurs années de sous-inves­tis­se­ment chro­nique du groupe dans ses capa­ci­tés indus­trielles euro­péennes, au pro­fit d’une logique de ren­ta­bi­li­té à court terme et de délo­ca­li­sa­tion des savoir-faire. 

Depuis plus de dix ans, ArcelorMittal repousse les inves­tis­se­ments néces­saires à la moder­ni­sa­tion et à la décar­bo­na­tion de sa pro­duc­tion d’acier, tout en décla­rant que c’est pré­ci­sé­ment « la décar­bo­na­tion qui garan­ti­ra la péren­ni­té des emplois ». Cette dupli­ci­té et ce désen­ga­ge­ment ont non seule­ment fra­gi­li­sé l’outil indus­triel mais aus­si affai­bli dans son sillage la capa­ci­té de l’Europe à garan­tir sa sou­ve­rai­ne­té dans un sec­teur aus­si stra­té­gique. 

Certes, la sidé­rur­gie euro­péenne tra­verse une crise grave. Elle est confron­tée à une baisse de la demande, à la concur­rence agres­sive de la Chine et à l’augmentation des coûts de l’énergie. Mais face à cette crise, l’abandon n’est pas une réponse !

L’acier est au cœur de l’économie décar­bo­née que nous devons construire : il est pré­sent dans les éoliennes, les véhi­cules élec­triques, les infra­struc­tures fer­ro­viaires et l’ensemble des équi­pe­ments qui per­met­tront de faire face à la crise cli­ma­tique. Il est au cœur de l’économie de la défense que l’Europe veut relancer. 

Le Parti socia­liste appelle le gou­ver­ne­ment fran­çais à sor­tir de sa pas­si­vi­té. L’État ne peut conti­nuer à sou­te­nir finan­ciè­re­ment des groupes comme ArcelorMittal qui sup­priment des emplois tout en refu­sant d’investir dans son propre ave­nir. Des mesures d’urgence doivent être envi­sa­gées, à l’instar de celles prises au Royaume-Uni à l’encontre de l’entreprise British Steel. Le gou­ver­ne­ment tra­vailliste, en per­met­tant la conti­nui­té for­cée de l’ac­ti­vi­té et l’in­ter­dic­tion des licen­cie­ments, sous peine de sanc­tions, a conduit le groupe chi­nois pro­prié­taire à renon­cer au plan de licenciement. 

L’Europe aus­si doit réagir. Nous appe­lons la Commission euro­péenne et les États membres à mettre en œuvre une poli­tique de sou­tien et de renou­veau de la sidé­rur­gie euro­péenne : régu­la­tion des impor­ta­tions, sou­tien à l’investissement vert, méca­nisme d’ajustement car­bone aux fron­tières, plan de relo­ca­li­sa­tion stratégique.

L’avenir de l’acier euro­péen est mena­cé par des stra­té­gies indus­trielles à courte vue comme celle de Mittal. Il en va de notre sou­ve­rai­ne­té indus­trielle, de notre capa­ci­té à réus­sir la tran­si­tion éco­lo­gique, et sur­tout de la digni­té des sala­riés de ce sec­teur. N’abandonnons pas notre indus­trie, n’abandonnons pas nos territoires !

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