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Accord UE-Mercosur : un passage en force inacceptable contre les agriculteurs et contre la démocratie européenne

- Vendredi 27 janvier

 

Alors que le Salon inter­na­tio­nal de l’agriculture s’achève, la pré­si­dente de la Commission euro­péenne, Ursula von der Leyen, a annon­cé l’application anti­ci­pée de l’accord com­mer­cial entre l’Union euro­péenne et les pays du Mercosur.

Cette déci­sion consti­tue un nou­veau camou­flet pour les agri­cul­teurs euro­péens, pour la France, et pour la démo­cra­tie euro­péenne elle-même.

En choi­sis­sant d’engager une appli­ca­tion pro­vi­soire de cet accord sans attendre l’avis de la Cour de jus­tice de l’Union euro­péenne ni le vote com­plet des repré­sen­tants des peuples euro­péens, la Commission euro­péenne fait le choix du pas­sage en force.

Cette méthode est une faute politique.

Au moment où les agri­cul­teurs euro­péens expriment une inquié­tude pro­fonde quant à leur ave­nir, au moment où l’Union euro­péenne demande des efforts consi­dé­rables en matière envi­ron­ne­men­tale, sani­taire et sociale, déci­der d’accélérer un accord com­mer­cial aus­si contes­té revient à ali­men­ter le sen­ti­ment d’abandon et d’injustice dans nos ter­ri­toires ruraux.

Le Parti socia­liste l’affirme clai­re­ment :
l’Europe ne peut pas deman­der tou­jours plus à ses pro­duc­teurs tout en orga­ni­sant une concur­rence avec des modèles agri­coles qui ne res­pectent pas les mêmes normes.

Nous sommes atta­chés au com­merce inter­na­tio­nal et aux par­te­na­riats entre conti­nents. Mais ceux-ci ne peuvent se construire ni contre nos agri­cul­teurs, ni contre nos stan­dards sani­taires et envi­ron­ne­men­taux, ni en contour­nant le débat démocratique.

L’Europe que nous défen­dons est une Europe qui pro­tège autant qu’elle échange.

En anti­ci­pant l’application de l’accord UE-Mercosur avant même que les pro­cé­dures démo­cra­tiques et juri­diques ne soient ache­vées, la Commission euro­péenne prend le risque d’affaiblir dura­ble­ment la confiance des citoyens dans le pro­jet euro­péen lui-même.

Le Parti socia­liste demande :

  • la sus­pen­sion immé­diate de toute appli­ca­tion pro­vi­soire de l’accord ;
  • le res­pect du rôle du Parlement euro­péen et des par­le­ments natio­naux ;
  • l’attente de la déci­sion de la Cour de jus­tice de l’Union euro­péenne ;
  • la rené­go­cia­tion de garan­ties contrai­gnantes assu­rant une réelle équi­té com­mer­ciale, notam­ment par des clauses miroirs effectives.

L’Europe ne peut se construire par le contour­ne­ment démocratique.

Elle doit se construire avec ses citoyens, ses tra­vailleurs et ses agriculteurs.

Protéger notre agri­cul­ture et res­pec­ter la démo­cra­tie euro­péenne ne sont pas des obs­tacles au pro­jet euro­péen : ce sont ses condi­tions de survie.

 

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