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8 mars : face aux reculs en matière d’égalité, la mobilisation féministe continue

À l’occasion du 8 mars, jour­née inter­na­tio­nale de lutte pour les droits des femmes, le Parti Socialiste appelle à la mobi­li­sa­tion aux côtés des asso­cia­tions fémi­nistes, des syn­di­cats et de toutes celles et tous ceux qui refusent les reculs en matière d’égalité.

Car si des avan­cées sym­bo­liques ont été obte­nues ces der­nières années, notam­ment l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, les droits des femmes res­tent fra­giles et jamais défi­ni­ti­ve­ment acquis. En France comme ailleurs, les vio­lences sexistes et sexuelles demeurent mas­sives, les fémi­ni­cides per­durent à haut niveau et l’impunité reste trop forte. Les inéga­li­tés éco­no­miques per­sistent éga­le­ment. Au tra­vail, les femmes gagnent encore en moyenne 14 % de moins que les hommes et occupent majo­ri­tai­re­ment les emplois les plus pré­caires : elles assument encore l’essentiel du tra­vail domes­tique et paren­tal. Dans l’espace public, pro­fes­sion­nel, dans la vie poli­tique ou dans le numé­rique, les dis­cri­mi­na­tions et les vio­lences conti­nuent de limi­ter leur liber­té et leur éman­ci­pa­tion. Face à ces réa­li­tés, en France, l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut pas être un slo­gan. Elle exige des poli­tiques publiques ambi­tieuses, des moyens à la hau­teur et une mobi­li­sa­tion constante.

Dans le monde, les attaques contre les droits des femmes se mul­ti­plient. En Afghanistan par exemple, les tali­bans viennent d’adopter un nou­veau code pénal auto­ri­sant un mari à battre sa femme tant que les coups ne pro­voquent pas de frac­ture ou de plaie visible. Cette loi ins­ti­tu­tion­na­lise la vio­lence conju­gale et s’inscrit dans une poli­tique d’effacement sys­té­ma­tique des femmes, déjà pri­vées d’éducation, de tra­vail et de liber­té. Dans de nom­breux pays, les droits fon­da­men­taux des femmes sont remis en cause. Les femmes conti­nuent de subir les vio­lences des conflits, des régimes auto­ri­taires ou des crises cli­ma­tiques, qui frappent d’abord les plus vulnérables.

En Europe et ailleurs, les forces réac­tion­naires et l’extrême droite s’attaquent aux droits sexuels et repro­duc­tifs, tentent de res­treindre l’accès à l’avortement et cherchent à remettre en cause les avan­cées obte­nues de haute lutte. L’affaire Epstein a éga­le­ment rap­pe­lé com­bien les vio­lences faites aux femmes peuvent pros­pé­rer lorsque l’argent et le pou­voir étouffent la parole des vic­times. Dans le même temps, par­tout sur la pla­nète, les femmes se mobi­lisent. En Iran, en Amérique latine, en Afrique ou en Europe, des mou­ve­ments fémi­nistes puis­sants portent des com­bats pour la liber­té, l’égalité et la dignité.

Face à ces reculs, les mobi­li­sa­tions fémi­nistes sont essen­tielles. Nous sou­te­nons l’appel à la grève fémi­niste du 8 mars, qui rap­pelle que, sans les femmes, la socié­té ne fonc­tionne pas.

Depuis des années, le Parti Socialiste défend un pro­jet fémi­niste ambi­tieux, construit avec les asso­cia­tions et les mou­ve­ments fémi­nistes. Dernièrement, nos par­le­men­taires ont notam­ment dépo­sé une pro­po­si­tion de loi inté­grale de lutte contre les vio­lences faites aux femmes et aux enfants, afin d’agir sur l’ensemble de la chaîne : pré­ven­tion, pro­tec­tion, accom­pa­gne­ment des vic­times et réponse judi­ciaire. Nous deman­dons son ins­crip­tion à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Mais l’égalité réelle sup­pose d’agir dans tous les domaines de la vie. Nous défen­dons notamment :

  • L’égalité sala­riale réelle et la trans­pa­rence des rémunérations ;
  • La reva­lo­ri­sa­tion des métiers du soin et du ser­vice, majo­ri­tai­re­ment féminisés ;
  • Un véri­table ser­vice public de la petite enfance ;
  • La lutte contre les vio­lences sexistes et sexuelles au travail.

En matière de san­té, l’égalité reste éga­le­ment loin d’être acquise. La recherche médi­cale a long­temps igno­ré les spé­ci­fi­ci­tés du corps des femmes et cer­taines patho­lo­gies res­tent encore lar­ge­ment sous-diag­nos­ti­quées. Nous pro­po­sons notamment :

  • Un accès garan­ti à l’IVG, à la contra­cep­tion et aux soins gyné­co­lo­giques sur tout le territoire ;
  • La créa­tion de centres de san­té des femmes dans les ter­ri­toires sous-dotés ;
  • Une meilleure prise en charge de patho­lo­gies comme l’endométriose ;
  • La gra­tui­té des pro­tec­tions mens­truelles afin de lut­ter contre la pré­ca­ri­té menstruelle.

Dans le numé­rique et les tech­no­lo­gies, l’égalité doit aus­si être défen­due. L’intelligence arti­fi­cielle et les algo­rithmes peuvent repro­duire et ampli­fier les biais sexistes exis­tants. Nous vou­lons notamment :

  • Lutter contre les biais de genre dans les sys­tèmes d’intelligence artificielle ;
  • Protéger les femmes contre les cyber­vio­lences et les deep­fakes sexuels ;
  • Encourager la pré­sence des femmes dans les métiers scien­ti­fiques et technologiques.

Sur la scène inter­na­tio­nale, la défense des droits des femmes doit deve­nir une prio­ri­té poli­tique. Nous défen­dons notamment :

  • Une véri­table diplo­ma­tie fémi­niste pour pro­té­ger les droits des femmes dans le monde ;
  • La défense des droits sexuels et repro­duc­tifs en Europe et à l’international ;
  • Le sou­tien aux mou­ve­ments fémi­nistes et aux défen­seuses des droits humains ;
  • La lutte mon­diale contre les vio­lences, la traite et l’exploitation des femmes.

La lutte contre les vio­lences sexistes et sexuelles demeure une prio­ri­té abso­lue. Nous défen­dons notamment :

  • Au moins 2,6 mil­liards d’euros pour lut­ter contre les vio­lences faites aux femmes ;
  • Une jus­tice spé­cia­li­sée et for­mée à ces violences ;
  • Des lieux d’accueil spé­cia­li­sés ouverts 24h/24 sur tout le territoire ;
  • La for­ma­tion obli­ga­toire de tous les professionnel·les au contact des victimes.

Dans ce contexte, les orien­ta­tions récentes du garde des Sceaux, révé­lées par le jour­nal l’Humanité, deman­dant de juger cer­taines affaires de viol en une seule jour­née pour désen­gor­ger les tri­bu­naux, sont par­ti­cu­liè­re­ment pré­oc­cu­pantes. Réduire le temps des audiences et limi­ter le recours aux témoins ou aux exper­tises revient à trai­ter ces crimes comme des dos­siers admi­nis­tra­tifs, alors qu’ils néces­sitent du temps, de l’écoute et une ins­truc­tion appro­fon­die. Les vio­lences sexuelles sont des affaires com­plexes, mar­quées par des trau­ma­tismes pro­fonds et des enquêtes sou­vent longues. La réponse ne peut pas être une jus­tice expé­di­tive. Le véri­table pro­blème est le manque struc­tu­rel de moyens de la jus­tice. Plutôt que d’accélérer les pro­cé­dures au détri­ment des vic­times, il faut don­ner aux magis­trats, aux enquê­teurs et aux asso­cia­tions les moyens de mener ces affaires avec la rigueur et l’attention qu’elles exigent.

À l’approche des élec­tions muni­ci­pales, la ques­tion des droits des femmes doit aus­si être au cœur des poli­tiques locales. Aujourd’hui, seules 20 % des maires sont des femmes, preuve que l’égalité reste loin d’être atteinte dans la vie poli­tique locale. Pourtant, les com­munes jouent un rôle essen­tiel pour faire pro­gres­ser l’égalité réelle dans la vie quotidienne.

Nous por­tons ain­si l’ambition de villes et vil­lages fémi­nistes, avec notamment :

  • Des poli­tiques locales de lutte contre les vio­lences faites aux femmes ;
  • Des lieux d’accueil et d’accompagnement pour les vic­times dans chaque territoire ;
  • Un urba­nisme et des espaces publics pen­sés pour la sécu­ri­té et l’égalité ;
  • Des poli­tiques édu­ca­tives et cultu­relles qui luttent contre les sté­réo­types de genre ;
  • Un sou­tien ren­for­cé aux asso­cia­tions fémi­nistes locales.

Signataires : 

Laure BOTELLA, secré­taire natio­nale en charge du pôle “Féminisation” du Parti socialiste

Alexandra JARDIN, secré­taire natio­nale à la mobi­li­sa­tion et à la lutte contre les VSS

Yasmine EL JAÏ, secré­taire natio­nale à la for­ma­tion à l’égalité Femme/homme

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