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Affaire Lyhanna : protéger les enfants doit devenir une priorité absolue

La dis­pa­ri­tion de Lyhanna, puis la décou­verte du corps, nous bou­le­versent pro­fon­dé­ment. Nos pen­sées vont à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de celles et ceux qui par­tagent aujourd’hui leur douleur.

Ce drame sou­lève une ques­tion grave. L’homme aujourd’­hui mis en exa­men pour enlè­ve­ment et séques­tra­tion de mineure de moins de 15 ans fai­sait déjà l’ob­jet de plu­sieurs plaintes pour des faits de vio­lences sexuelles sur mineures, cer­taines remon­tant à plu­sieurs années. 

Sans pré­ju­ger de l’is­sue de la pro­cé­dure judi­ciaire, cette situa­tion inter­roge notre capa­ci­té col­lec­tive à pro­té­ger les enfants lorsque des signa­le­ments existent déjà. Cette affaire inter­roge éga­le­ment les condi­tions dans les­quelles les signa­le­ments sont recueillis, éva­lués et sui­vis par l’en­semble des acteurs char­gés de la pro­tec­tion de l’en­fance, et pose la ques­tion de pos­sibles défaillances dans la chaîne de pro­tec­tion, qu’elles soient poli­cières, judi­ciaires ou admi­nis­tra­tives. 

Car cette affaire n’est mal­heu­reu­se­ment pas iso­lée. Chaque année en France, 160 000 enfants sont vic­times de vio­lences sexuelles. Toutes les trois minutes, un enfant est vic­time d’une agres­sion sexuelle. Pourtant, les vic­times demeurent insuf­fi­sam­ment pro­té­gées et les réponses judi­ciaires res­tent trop sou­vent tar­dives. Comme l’a rap­pe­lé la CIIVISE, si la majo­ri­té des vio­lences sexuelles faites aux enfants sont com­mises par un proche, elles sont un pro­blème d’ordre public qui appelle la socié­té tout entière à sor­tir du déni : « Les agres­seurs béné­fi­cient, sauf excep­tions, d’une impu­ni­té totale. Les enfants vic­times de vio­lences sexuelles ne sont pas pro­té­gés et sont par­fois obli­gés de vivre avec leur agresseur. »

Nous exi­geons une véri­table poli­tique publique de pro­tec­tion de l’en­fance fon­dée sur les 4 axes pré­co­ni­sés par la CIVIISE : le repé­rage des vic­times, le trai­te­ment judi­ciaire rapide des affaires, l’ac­com­pa­gne­ment et la répa­ra­tion des vic­times incluant le soin, ain­si que la prévention.

Le Parti socia­liste demande en outre l’a­dop­tion rapide d’une loi inté­grale contre les vio­lences sexuelles et sexistes, per­met­tant de mieux pré­ve­nir les vio­lences, mieux pro­té­ger les vic­times, ren­for­cer les moyens de la jus­tice et assu­rer un sui­vi plus effi­cace des situa­tions à risque.

Nous appe­lons éga­le­ment à ce que toutes les affaires de vio­lences sexuelles com­mises sur des mineur-es fassent l’ob­jet d’un trai­te­ment prio­ri­taire et que les moyens humains et maté­riels de la jus­tice soient ren­for­cés pour garan­tir une réponse rapide lors­qu’un enfant est en danger.

Pour Lyhanna. Pour les 160 000 enfants vic­times chaque année. Pour toutes celles et ceux dont la parole n’a pas été enten­due à temps. La pro­tec­tion de l’en­fance doit deve­nir une prio­ri­té abso­lue de notre République.

 

Olivier Faure, Permier secré­taire du Parti socialiste
Laure Botella, Secrétaire natio­nale à la fémi­ni­sa­tion du Parti
Alexandra Jardin, Secrétaire natio­nale à la mobi­li­sa­tion et à la lutte contre les VSS
Yasmine El Jaï, Secrétaire natio­nale à la for­ma­tion éga­li­té homme-femme

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