À la suite de la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, des centaines de milliers de supporters ont célébré un nouvel exploit sportif du PSG dans un esprit festif et pacifique dans toute la France. Cette joie collective honore le sport et rappelle sa capacité à rassembler bien au-delà des différences d’âge, d’origine ou de condition sociale.
Mais cette fête a également été marquée par des violences, des pillages, des dégradations et des incendies que rien ne saurait justifier. Le Parti socialiste les condamne avec la plus grande fermeté.
Nous refusons toute confusion entre les supporters et les casseurs. Les premiers sont venus célébrer une victoire sportive. Les seconds ont profité de l’événement pour commettre des actes de délinquance qui n’ont rien à voir avec le football. Cette distinction est indispensable.
Le gouvernement avait annoncé un dispositif de sécurité exceptionnel. Près de 8 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés. De nombreuses déclarations ministérielles ont insisté, dans les jours précédant la rencontre, sur l’ampleur des moyens engagés. Les violences n’ont malheureusement surpris personne. Les autorités elles-mêmes avaient anticipé ce risque et l’avaient évoqué en exposant l’ampleur du dispositif déployé. Dès lors, une question demeure : pourquoi ces violences n’ont-elles pas été empêchées ?
Cette question ne vise pas les policiers et les gendarmes, dont nous saluons le professionnalisme. Elle concerne les choix du ministre de l’Intérieur et l’efficacité de la stratégie qu’il a lui-même définie.Le gouvernement met en avant le nombre d’interpellations réalisées. Celles-ci étaient nécessaires. Mais le premier critère d’évaluation d’un dispositif de sécurité n’est pas le nombre de personnes arrêtées après les faits. C’est sa capacité à empêcher que ces faits se produisent.
Cette séquence met également en évidence la nécessité de mieux anticiper l’organisation des grandes célébrations populaires. Les rassemblements du lendemain au Champ-de-Mars et au Parc des Princes ont montré qu’un espace identifié, sécurisé et pensé pour accueillir les supporters permettait des célébrations beaucoup plus sereines. La question de l’opportunité d’une « fan-zone » doit être posée sans a priori et avec un regard curieux et objectif.
Les contraintes exceptionnelles qui pesaient ce week-end sur Paris font naturellement partie de l’explication. Mais elles ne doivent pas empêcher d’en tirer les enseignements pour l’avenir.. Elles ne doivent pas empêcher d’en tirer les enseignements pour l’avenir. Une qualification en finale de Ligue des champions ou d’autres grands événements sportifs doivent désormais conduire les pouvoirs publics à anticiper beaucoup plus en amont les conditions permettant d’accueillir les supporters dans des espaces adaptés. À l’avenir, toute finale européenne impliquant un club français devrait faire l’objet, dès la qualification, d’un travail associant État, collectivités, clubs et organisateurs afin de prévoir les espaces de rassemblement nécessaires.
On peut aussi s’interroger sur l’incapacité récurrente de l’Etat à considérer les associations de supporters comme des partenaires de travail alors qu’elles démontrent tout au long de l’année leur expertise, leur expérience et leur sens des responsabilités. Tous les spécialistes font du dialogue l’un des ingrédients majeurs de sécurisation de ces événements.
Au-delà de cette séquence, la France doit s’interroger. Pourquoi les grands rassemblements festifs – bien au-delà du sport – donnent-ils si régulièrement lieu à des violences dans notre pays ? La réponse ne peut se limiter à une augmentation permanente des effectifs mobilisés. Elle suppose également de réfléchir aux stratégies de prévention, aux modalités d’organisation des événements populaires et aux conditions permettant de distinguer plus efficacement les supporters des casseurs.
Enfin, le traitement de ces événements par certains médias mérite également d’être interrogé. Sans jamais minimiser les violences, nous devons nous demander si la focalisation permanente sur les risques d’affrontement et les dispositifs de sécurité ne contribue pas parfois à faire de la violence l’événement attendu plutôt que l’exception à prévenir.
La victoire du PSG appartient aux supporters qui l’ont célébrée. Les violences n’appartiennent qu’à ceux qui les ont commises.