Avec les guerres en Ukraine et au Proche et Moyen-Orient, ou encore l’arrivée de Trump au pouvoir aux États-Unis, les enjeux de défense pour notre pays et notre continent sont revenus au centre des débats politiques. Ils ont enfin été ces dernières semaines au centre des débats parlementaires à travers la révision de la loi de programmation militaire 2024–2030.
Cette révision était indispensable, nous l’avions anticipé dès 2023, lorsque nous avions conditionné notre soutien à la loi de programmation militaire 2024–2030 à l’intégration d’une actualisation du texte à horizon 2027.
A l’époque, nous avions perçu le sous financement, pour ne pas dire l’insincérité budgétaire du texte au regard des besoins de nos armées et des missions qu’elles devaient assumer dans un contexte géopolitique bouleversé. Nous avions vu juste.
Cette loi permet enfin de créditer la loi de programmation militaire des 36 milliards d’euros qui manquaient à l’époque. Ils sont indispensables compte tenu de la situation internationale, nous voterons donc pour ce projet de loi.
Néanmoins, nous avons rappelé pendant les débats que, aussi nécessaires soient-ils, ces nouveaux crédits pour nos armées ne pourront en aucun cas être un prétexte à l’affaiblissement budgétaire de services publics déjà exsangues. La question de la mise en œuvre de nouvelles recettes, justement réparties, devra être posée dans les prochains mois.
Sur ce point, nous regrettons le flou des réponses du Gouvernement sur la question de la trajectoire budgétaire, qui doit se rappeler dès à présent qu’il n’a aucune majorité pour faire voter son budget à l’automne prochain et qu’il ne pourra faire aucun choix sans la représentation nationale.
Enfin, malgré des heures de débats et des quelques amendements positifs, ce projet de loi n’a d’actualisation que le nom. Il aurait pu permettre un retour d’expérience et un vrai travail de réflexion et de planification de notre stratégie globale de défense et de sécurité nationale, il se révèle être un simple texte d’ajustement budgétaire.