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Sommet franco britannique : le défi migratoire est global, il ne se résout pas à coup de réponses répressives.

Olivier Faure, Premier secré­taire du Parti socia­liste
Dylan Boutiflat, Secrétaire natio­nal aux rela­tions inter­na­tio­nales
Roger Vicot, Secrétaire natio­nal à l’immigration

Depuis le début de l’année, les ten­ta­tives de tra­ver­ser la Manche ont dou­blé. Pour la tran­quilli­té de nos conci­toyens du Pas-de-Calais, comme pour la sécu­ri­té des migrants, il importe évi­dem­ment de déman­te­ler les réseaux de pas­seurs. Mais les annonces du pré­sident Macron et du Premier ministre Starmer ne peuvent se limi­ter à déman­te­ler cette éco­no­mie de la misère.  

Le Parti socia­liste regrette que l’inefficacité des accords du Touquet et de Sanhurst n’amène pas nos deux États à revoir et dépas­ser leur actuelle poli­tique migra­toire bila­té­rale. L’attractivité du Royaume-Uni est une réa­li­té indé­niable, absor­bant une grande par­tie de cette immi­gra­tion dans son éco­no­mie. C’est pour­quoi aucune poli­tique pure­ment fon­dée sur la sécu­ri­té sur les côtes de la Manche ne per­met­tra de jugu­ler les flux de migra­tions irré­gu­lières. Chaque dis­po­si­tif de sécu­ri­sa­tion mis en place est vite contour­né par la roue­rie des pas­seurs et la déter­mi­na­tion abso­lue des per­sonnes migrantes prêtes à ris­quer leur vie pour un ave­nir qu’elles ima­ginent meilleur.

Le Parti socia­liste porte dans le débat public des réponses cré­dibles et res­pon­sables, comme il l’a encore fait récem­ment dans le rap­port séna­to­rial de la mis­sion d’information sur les accords migra­toires à laquelle Corinne Narassiguin, séna­trice de Seine-Saint-Denis, a contribué :

  • obte­nir du Royaume-Uni le finan­ce­ment du dis­po­si­tif huma­ni­taire déployé par l’État et les acteurs agréés,
  • ⁠mettre conjoin­te­ment en place des méca­nismes légaux per­met­tant aux mineurs iso­lés ayant des membres de leur famille au Royaume-Uni de les rejoindre,
  • ⁠conclure un nou­vel accord au niveau euro­péen qui aurait notam­ment voca­tion à défi­nir des voies de migra­tions légales ain­si que les moda­li­tés de coopé­ra­tion en matière de retours et de lutte contre les réseaux de passeurs. 

Ces demandes étaient celles des élus du lit­to­ral, et en par­ti­cu­lier des maires de Gravelines et de Grande-Synthe.

Enfin nous devons tirer les leçons du Brexit et envi­sa­ger, par exemple, l’intégration de la Grande-Bretagne dans l’espace Schengen. Plus lar­ge­ment, la France et l’UE doivent tenir compte des routes de migra­tion qui convergent vers la Manche depuis l’Afghanistan, le Vietnam, l’Afrique et même le Moyen-Orient, en réaf­fir­mant la néces­si­té de contri­buer au déve­lop­pe­ment de ces pays. Rien ne peut se négo­cier avec les Talibans, en revanche cela sem­ble­rait pos­sible avec la Syrie, voire avec cer­tains États africains. 

Il s’a­git aujourd’­hui de res­ter fidèle au pacte mon­dial pour les migra­tions construit avec les États, l’ONU et les ONG. Le défi migra­toire ne pour­ra se régler qu’à l’échelle globale.



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