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Enquête sur les dérives de l’enseignement supérieur privé : nous appelons à l’action pour protéger les étudiants

Olivier Faure, Premier Secrétaire du Parti socia­liste
Gulsen Yildirim, Secrétaire natio­nale en charge de l’Enseignement supé­rieur et la Recherche
Alexane Riou, Secrétaire natio­nale adjointe en charge de l’Enseignement supé­rieur et la Recherche

Le Parti socia­liste prend connais­sance de la publi­ca­tion aujourd’­hui du livre de Claire Marchal, Le Cube. Cette enquête met en lumière les pra­tiques inquié­tantes et les dérives qui gan­grènent le sec­teur de l’en­sei­gne­ment supé­rieur pri­vé, en par­ti­cu­lier les groupes à but lucra­tif comme Galileo. Le texte dépeint une réa­li­té alar­mante : des étu­diants entas­sés dans des salles sur­char­gées, des tarifs pro­hi­bi­tifs, une inser­tion pro­fes­sion­nelle incer­taine, et une ges­tion des éta­blis­se­ments gui­dée par le seul objec­tif de ren­ta­bi­li­té, au détri­ment de la qua­li­té péda­go­gique et du bien-être des étudiants.

Au Parti Socialiste, depuis plu­sieurs années, nous avons aler­té for­te­ment sur les dérives du sec­teur pri­vé à but lucra­tif dans l’en­sei­gne­ment supé­rieur et deman­dé au gou­ver­ne­ment en place d’agir concrè­te­ment. Nous avons tou­jours sou­li­gné l’es­sor pré­oc­cu­pant de ces éta­blis­se­ments, pro­fi­tant, en par­ti­cu­lier ces der­nières années, du désen­ga­ge­ment pro­gres­sif de l’État dans le sec­teur public. Nous dénon­çons depuis long­temps les pra­tiques com­mer­ciales trom­peuses et les condi­tions de for­ma­tion de plus en plus pré­caires dans de nom­breuses écoles privées.

L’enquête publiée aujourd’hui confirme nos pré­oc­cu­pa­tions et oblige cha­cune et cha­cun à prendre conscience de ces réalités : 

  • des éta­blis­se­ments béné­fi­cient d’aides publiques tout en leur­rant les étu­diants, en leur pro­met­tant monts et mer­veilles à l’inscription, mais sans jamais les accom­pa­gner dans leur inser­tion professionnelle
  • des éta­blis­se­ments pro­fitent de labels et de cer­ti­fi­ca­tions attri­bués par l’État sans qu’aucun contrôle de la qua­li­té péda­go­gique des for­ma­tions pro­po­sées ne soit réa­li­sé, et alors même que les auto­ri­tés char­gées des contrôles n’ont en leur pos­ses­sion aucun moyen de sanc­tion pour que les droits des étu­diants et consom­ma­teurs soient respectés. 
  • des éta­blis­se­ments imposent des clauses contrac­tuelles abu­sives à leurs étu­diants. 56 % des éta­blis­se­ments pri­vés lucra­tifs contrô­lés par la DGCCRF en 2020 ne res­pec­taient pas les droits des étudiants-consommateurs.

Nos étu­diants ne sont pas des mar­chan­dises, et nous devons veiller à ce qu’ils ne soient pas trai­tés comme tels. L’entrée dans l’enseignement supé­rieur, étape clé dans le déve­lop­pe­ment indi­vi­duel et pro­fes­sion­nel de nos jeunes, doit être acces­sible et trans­pa­rente pour cha­cun. Il est impé­ra­tif que les choix d’orientation soient éclai­rés, sans que des biais créés par des pra­tiques com­mer­ciales opaques ou abu­sives viennent entra­ver le droit à l’éducation.

Conscient de la pro­blé­ma­tique, nous avons déjà enga­gé un tra­vail majeur pour la pro­tec­tion des étu­diantes, des étu­diants et de leur famille. C’est en ce sens que l’i­ni­tia­tive légis­la­tive à l’Assemblée natio­nale por­tée par notre dépu­té Emmanuel Grégoire a été menée. Une pro­po­si­tion de loi visant à enca­drer l’en­sei­gne­ment supé­rieur pri­vé à but lucra­tif a ain­si été dépo­sée en ce début d’année 2025. Ce texte a pour objec­tif de pro­té­ger les étu­diantes et les étu­diants contre les pra­tiques abu­sives et de garan­tir une plus grande trans­pa­rence des éta­blis­se­ments pri­vés. Il impose notam­ment un enca­dre­ment des contrats, inter­dit les frais de réser­va­tion et pré­voit des sanc­tions pour les éta­blis­se­ments qui ne res­pectent pas les droits des étudiants.

Au-delà de cette régu­la­tion du sec­teur pri­vé indis­pen­sable et néces­saire, nous réaf­fir­mons avec force que l’a­ve­nir de notre socié­té repose sur un ensei­gne­ment supé­rieur public, gra­tuit et acces­sible à toutes et tous. Le ser­vice public d’é­du­ca­tion est un bien com­mun pré­cieux, qu’il est de notre devoir de pré­ser­ver et de ren­for­cer. Nous devons inves­tir mas­si­ve­ment dans nos uni­ver­si­tés, qui sont les véri­tables moteurs de la réus­site col­lec­tive et indi­vi­duelle. L’enseignement supé­rieur public est celui qui offre à chaque étu­diant, sans dis­tinc­tion sociale ou finan­cière, l’opportunité de s’émanciper, d’apprendre et de s’épanouir.

Il est main­te­nant temps de mettre un terme à ces pra­tiques dégra­dantes et garan­tir que l’accès à l’enseignement supé­rieur reste un droit pour toutes et tous. Notre jeu­nesse n’est pas une marchandise. 

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