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Aide publique au développement : le Parti socialiste soutient tous les acteurs de solidarité internationale

Olivier Faure, Premier secré­taire du Parti socia­liste
Dylan Boutiflat, Secrétaire natio­nal aux rela­tions internationales

 

Ce 23 février, le chef de la diplo­ma­tie Jean-Noël Barrot a annon­cé avoir signé un décret lan­çant une “com­mis­sion d’évaluation de l’aide publique au déve­lop­pe­ment” (APD), en réponse à un article du JDD qui cari­ca­ture l’action fran­çaise de soli­da­ri­té inter­na­tio­nale et relaie  les attaques de l’extrême-droite, pla­giant ain­si les men­songes d’Elon Musk.

L’éphémère pré­sident de la com­mis­sion des affaires des affaires étran­gères de l’Assemblée natio­nale a oublié que cet outil d’évaluation est ins­crit dans la loi de pro­gram­ma­tion sur l’APD du 4 août 2021, mais que les gou­ver­ne­ments macro­nistes refu­saient de l’utiliser. Pire encore, le chef de la diplo­ma­tie aurait gagné du temps en écou­tant les alertes dès le 16 jan­vier de notre séna­teur Rachid Temal rap­por­teur du bud­get de l’APD, le 22 jan­vier de notre dépu­tée Dieynaba Diop lors des ques­tions au gou­ver­ne­ment, et le 12 février des dépu­tés socia­listes euro­péens Murielle Laurent et Christophe Clergeau en séance plénière 

Le Parti socia­liste condamne la remise en cause de l’engagement de la France, ins­crit dans la loi de 2021, de por­ter l’APD à 0,7% du reve­nu brut natio­nal. Comme nous avions refu­sé la baisse des cré­dits de 800 mil­lions en 2024, nous dénon­çons leur réduc­tion de 2 mil­liards sup­plé­men­taires en 2025. L’APD per­met à des dizaines de mil­lions de per­sonnes à tra­vers le monde de vivre digne­ment. Elle dit beau­coup  de la France et de la néces­saire pro­mo­tion d’un mul­ti­la­té­ra­lisme qui com­bat le néo-impé­ria­lisme, qu’il soit chi­nois, russe ou américain.

 En par­lant d’APD « utile aux Français », il reprend le slo­gan de Trump « l’Amérique d’a­bord ! ». Qu’on ne s’y trompe pas, quand Donald Trump s’attaque à l’Agence amé­ri­caine de déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal (USAID), il ne licen­cie pas seule­ment 1600 agents fédé­raux et ne met pas seule­ment 100.000 col­la­bo­ra­teurs au chô­mage tech­nique. Il menace l’aide huma­ni­taire mon­diale (dont 42% est ver­sée par les Etats-Unis) et les mil­lions de vies qui en dépendent. Ceux qui s’affichent comme des patriotes sou­cieux de notre sécu­ri­té vont ain­si entre­te­nir les inéga­li­tés sur les­quelles pros­pèrent les conflits, le ter­ro­risme et les flux migratoires.

Face aux attaques sans pré­cé­dent dont leur tra­vail est la cible, le Parti socia­liste exprime son sou­tien aux 3600 col­la­bo­ra­teurs de l’AFD et par­ti­cu­liè­re­ment aux équipes qui font vivre sur le ter­rain l’idéal de soli­da­ri­té inter­na­tio­nale, notam­ment avec les cen­taines d’associations et d’ONGs. Nous réaf­fir­mons l’utilité de leurs mis­sions dans un monde troublé :

  • Née sous la France libre, l’AFD est notre opé­ra­teur public du déve­lop­pe­ment depuis 1998. Présente dans 150 pays, ses pro­grammes contri­buent à la réa­li­sa­tion des objec­tifs du déve­lop­pe­ment durable, et à ce titre, à la construc­tion d’un monde plus juste et plus sûr, y com­pris pour la France. L’accès à l’eau potable et aux soins, la recherche médi­cale évitent les migra­tions for­cées. Les aides agri­coles réduisent les famines et favo­risent l’approvisionnement du monde.
  • Il n’y a pas de « mil­liards englou­tis » comme tente de le faire croire l’extrême-droite. L’AFD est avant tout une banque : les prêts consti­tuent 85% de son acti­vi­té. Avec moins de 2 mil­liards d’euros (soit 0,2% du bud­get de l’Etat), elle inves­tit chaque année 25 mil­liards d’euros au ser­vice de la san­té, de l’éducation, du cli­mat ou de l’égalité hommes-femmes.
  • Ces prêts béné­fi­cient pour plus de 50% à des entre­prises fran­çaises, créant de la valeur et de l’emploi en France. L’AFD sou­tient aus­si les orga­ni­sa­tions de la socié­té civile fran­çaise et inter­na­tio­nale, contri­buant ain­si à la vita­li­té du débat démo­cra­tique. Tous ses pro­jets sont sou­mis à des pro­cé­dures d’évaluations rigou­reuses. La Cour des Comptes a mené un audit com­plet de l’AFD en 2023. 

Pour que la France res­pecte ses enga­ge­ments inter­na­tio­naux, le gou­ver­ne­ment doit tenir ses pro­messes. Pour main­te­nir les finan­ce­ments, la taxe sur les tran­sac­tions finan­cières glo­bales doit ain­si pas­ser de 0,3 à 0.7% du PNB, être gérée par un opé­ra­teur public et conti­nuer de finan­cer l’aide au déve­lop­pe­ment. Nous sou­hai­tons que la part de dons réser­vés aux pays prio­ri­taires demeure une part impor­tante du por­te­feuille de l’AFD, et qu’ils béné­fi­cient aux popu­la­tions les plus défa­vo­ri­sées, qui ne sont pas éli­gibles aux prêts de l’AFD. Nous pro­po­sons la sépa­ra­tion dans le groupe AFD d’une struc­ture qui por­te­rait les dons d’une autre sur les prêts, à côté des deux qui existent déjà : Proparco et Expertise France. Enfin, les prêts ne doivent pas aller aux États peu res­pec­tueux des prin­cipes gui­dant notre diplo­ma­tie. Le rang de la France mérite véri­té et transparence.

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