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Janvier 2015 : dix ans après, toujours Charlie !

Il y a dix ans jour pour jour, au début du mois de jan­vier 2015, la France était vic­time du ter­ro­risme isla­miste. 

Le 7 jan­vier, dans les locaux de Charlie Hebdo, 12 per­sonnes étaient assas­si­nées, dont huit membres de l’équipe d’un jour­nal emblé­ma­tique, sati­rique, indé­pen­dant et laïque que des ter­ro­ristes ont vou­lu faire taire parce qu’il avait sim­ple­ment usé de la liber­té d’expression, celle née de la Révolution fran­çaise et de la fin du délit de blas­phème, pour publier des cari­ca­tures de Mahomet. C’est la pre­mière fois au monde qu’une rédac­tion était ain­si déci­mée. 

Le len­de­main, Clarissa Jean-Philippe, une jeune poli­cière de 26 ans, était abat­tue froi­de­ment d’une balle de kalach­ni­kov dans le dos dans une rue de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, à proxi­mi­té d’une école juive qui était pro­ba­ble­ment visée. Le 9 jan­vier, à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, lors d’une prise d’otage, 4 clients étaient tués par le même ter­ro­riste que celui qui a agi la veille. Ils avaient été ciblés parce que juifs. 

Au cours de ces trois ter­ribles jour­nées, trois ter­ro­ristes isla­mistes ont assas­si­né à l’arme de guerre 17 per­sonnes. Nous com­mé­mo­rons aujourd’hui le sou­ve­nir de cha­cune d’entre elles et nous adres­sons notre sou­tien aux vic­times, à celles notam­ment qui peinent à se recons­truire, ain­si qu’à leurs proches et leurs familles. 

Dans un pays en état de sidé­ra­tion, Un peuple s’est levé, des mil­lions de per­sonnes se sont ras­sem­blés, for­mant le 11 jan­vier des cor­tèges monstres dans le pays. “Au rythme de la vie, Je marche ma dou­leur, Et je marche Charlie, Je ris et je pleure” comme le chante Matthieu Chedid.

 

Dix ans plus tard, où en sommes-nous ? Charlie Hebdo est tou­jours là, « incre­vable » comme l’affiche sa une cette semaine, plein de des­sins et de mots pour expri­mer libre­ment ses quatre véri­tés. Et selon un son­dage Ifop pour la Fondation Jean Jaurès, 76 % des son­dés estiment que « la liber­té d’expression est un droit fon­da­men­tal, la liber­té de cari­ca­ture en fait par­tie », soit 18 points de plus qu’en 2012. Mais une par­tie de la jeu­nesse ne par­tage pas cette vision, ce qui veut dire qu’à long terme le com­bat à mener reste entier.

Dans une période de ten­sion extrême, on se sou­vient aus­si que les Français ne se sont pas divi­sés, ni même entre­dé­chi­rés. La France est res­tée unie, ras­sem­blée, fai­sant preuve d’une incroyable rési­lience et nous le devons tout autant aux auto­ri­tés (poli­tiques, reli­gieuses, asso­cia­tives, syn­di­cales…) qu’aux citoyennes et citoyens qui ont su pré­ser­ver notre cohé­sion dans la République. 

Pourtant, cette semaine de jan­vier 2015 a aus­si mis en exergue les frac­tures fran­çaises, celles qui creusent le sillon de la dis­corde natio­nale. Tous les Français n’ont pas été Charlie. Ainsi les trois ter­ro­ristes isla­mistes étaient fran­çais. Le prin­cipe de laï­ci­té est ain­si tou­jours contes­té par tous ceux qui ins­tru­men­ta­lisent la reli­gion, qui veulent impo­ser les règles de Dieu au-des­sus des lois de la République. Mais il est aus­si mena­cé par cer­tains qui n’hésitent à le retour­ner contre la République, en le trans­for­mant en un outil de croi­sade contre les seuls musulmans.

Les atten­tats de jan­vier 2015 ont visé des juifs parce qu’ils étaient juifs. Cet anti­sé­mi­tisme inac­cep­table, nous l’avions déjà vu à l’œuvre à Toulouse, en 2012, quand un ter­ro­riste isla­miste a tué trois mili­taires puis quatre per­sonnes juives dont trois enfants de l’école Ozar-Hatorah. Depuis le 7 octobre 2023, les actes anti­sé­mites ont pro­gres­sé en France – selon les chiffres offi­ciels, au 30 novembre, on compte près de 1 500 faits d’antisémitisme, dont 63 % repré­sentent des atteintes à la per­sonne. Nous devons entendre l’inquiétude de nos conci­toyens juifs à vivre dans leur propre pays et prendre les mesures néces­saires pour les assu­rer de leur place dans notre République. L’antisémitisme ne doit pas s’installer en France

 

La République est un com­bat et un mes­sage uni­ver­sel ! Il nous appar­tient, plus que jamais, d’en por­ter les valeurs, celles héri­tées des Lumières et de la Révolution fran­çaise, celles qui font battre le cœur du socia­lisme de Jean Jaurès. “Même si le ciel est gris (Charlie), j’en­tends le vent sif­fler (Charlie). Le vent uni­ver­sel de la fra­ter­ni­té” (Matthieu Chedid).

 

Dix ans après, tou­jours Charlie !

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