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Nous déposons une motion de censure contre le gouvernement Barnier !

MOTION DE CENSURE

présentée par Boris VALLAUD, Mathilde PANOT, Cyrielle CHATELAIN, André CHASSAIGNE et 188 de leurs collègues

 

La déci­sion du pré­sident de la République de nom­mer Michel Barnier à Matignon et la for­ma­tion du gou­ver­ne­ment qui a sui­vi imposent de cen­su­rer ce der­nier pour deux motifs.

Le pre­mier motif de la cen­sure, c’est que l’existence de ce gou­ver­ne­ment, dans sa com­po­si­tion et ses orien­ta­tions, est une néga­tion du résul­tat des der­nières élec­tions législatives.

Sur la base de ces résul­tats, le pré­sident de la République aurait dû nom­mer à Matignon la per­son­na­li­té pro­po­sée par le Nouveau Front Populaire, coa­li­tion ayant recueilli le plus grand nombre de sièges (193) à l’Assemblée natio­nale. Charge ensuite à cette per­son­na­li­té de pro­po­ser un gou­ver­ne­ment au pré­sident de la République et de cher­cher à bâtir des majo­ri­tés texte par texte.

Le pré­sident de la République a fina­le­ment pré­fé­ré se retran­cher der­rière une pré­ten­due « sta­bi­li­té ins­ti­tu­tion­nelle » pour rompre avec cette tra­di­tion répu­bli­caine et finir par nom­mer un pre­mier ministre membre d’une for­ma­tion poli­tique qui a per­du les élec­tions, qui n’a pas clai­re­ment appe­lé au bar­rage répu­bli­cain et qui est char­gé de per­pé­tuer la poli­tique menée depuis sept ans et sanc­tion­née à plu­sieurs reprises dans les urnes par les élec­teurs et électrices.

La sta­bi­li­té ins­ti­tu­tion­nelle tant recher­chée par le pré­sident de la République est en réa­li­té désor­mais une entente oppor­tu­niste avec le Rassemblement National, en contra­dic­tion abso­lue avec l’immense élan répu­bli­cain qui a eu lieu le 7 juillet dernier.

Cela nous conduit au second motif de la cen­sure, à savoir les orien­ta­tions poli­tiques du gou­ver­ne­ment Barnier.

Le pré­sident de la République a refu­sé de recon­naître sa défaite, notam­ment car cela signi­fiait la remise en cause de la réforme des retraites qu’il avait impo­sée au prin­temps 2023 ; le gou­ver­ne­ment Barnier ayant a contra­rio dans ses mis­sions d’assurer sa mise en œuvre. Censurer le gou­ver­ne­ment Barnier est donc le moyen le plus rapide et le plus sûr pour obte­nir l’abrogation de la réforme des retraites. 

Le pro­jet de loi de finances et le pro­jet de loi de finan­ce­ment de la sécu­ri­té sociale pour 2025 s’annoncent comme les textes bud­gé­taires les plus aus­té­ri­taires de ces vingt-cinq der­nières années. Le refus de reve­nir sur les baisses d’impôts injustes et inef­fi­caces des pré­cé­dents bud­gets comme la mul­ti­pli­ca­tion des coupes bud­gé­taires sur des poli­tiques publiques essen­tielles conduisent notre pays dans une impasse bud­gé­taire et fis­cale inte­nable et abîment dura­ble­ment notre modèle social. Ces textes bud­gé­taires se font contre les Françaises et les Français, et notam­ment contre les plus pré­caires d’entre eux.

À ces choix finan­ciers s’ajoutent d’autres pro­jets et décla­ra­tions qui aggravent les frac­tures qui tra­versent notre socié­té, comme la poli­tique du tout répres­sif incar­née par le nou­veau ministre de l’Intérieur, la remise en cause pro­bable de l’aide médi­cale d’État et le dur­cis­se­ment annon­cé de la loi immigration. 

Enfin, comme ses pré­dé­ces­seurs à Matignon depuis sept ans, Michel Barnier semble se conten­ter de vaines paroles sur la défense de l’environnement et du cli­mat. Ainsi, le minis­tère de la Transition éco­lo­gique a par exemple héri­té d’un péri­mètre d’action for­te­ment rogné.

C’est pour­quoi, en réson­nance avec les aspi­ra­tions popu­laires expri­mées le 7 juillet der­nier, les dépu­tées et les dépu­tés signa­taires de cette motion appellent à la cen­sure du gou­ver­ne­ment de Michel Barnier, confor­mé­ment à l’article 49 ali­néa 2 de la Constitution et aux articles 153 et sui­vants du règle­ment de l’Assemblée nationale.

Cette motion de cen­sure consti­tue un appel au sur­saut républicain.

Voter cette motion de cen­sure, c’est dénon­cer le non-res­pect de la tra­di­tion répu­bli­caine avec la nomi­na­tion de Michel Barnier à Matignon ; c’est pré­ser­ver notre modèle social ; c’est sanc­tion­ner un gou­ver­ne­ment qui reprend les concepts et le voca­bu­laire de l’extrême-droite ; c’est enfin pro­té­ger l’État de droit, qui est un prin­cipe intangible.

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