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Loi immigration – Nous saisissons le Conseil constitutionnel

Nous sai­sis­sons aujourd’hui le Conseil consti­tu­tion­nel afin de faire cen­su­rer l’ensemble du pro­jet de loi immi­gra­tion du gou­ver­ne­ment, négo­cié avec la droite séna­to­riale, sous les applau­dis­se­ments du Rassemblement national.

Ce pro­jet de loi pré­sente de nom­breux cava­liers et un nombre record d’articles contraires aux prin­cipes constitutionnels : 

L’article 1er A, qui ins­taure un débat annuel au Parlement, mécon­naît les com­pé­tences du Parlement.

Les articles 1er B et 1er C consti­tuent une atteinte à la vie pri­vée et au droit à mener une vie fami­liale nor­male en ce qui concerne le regrou­pe­ment familial.

L’article 1er D est contraire au droit à mener une vie fami­liale nor­male sur la condi­tion de loge­ment et res­source pour béné­fi­cier du regrou­pe­ment familial.

L’article 1er H, qui met en œuvre une expé­ri­men­ta­tion des pro­cé­dures de trai­te­ment des dos­siers de demande ou de renou­vel­le­ment de titres de séjour dans plu­sieurs dépar­te­ments, porte atteinte au prin­cipe d’é­ga­li­té en ce qui concerne l’ins­truc­tion du dos­sier des étran­gers ou encore aux droits de la défense.

L’article 1er J, qui ins­taure une réduc­tion tari­faire condi­tion­née à une rési­dence régu­lière des étran­gers pour les trans­ports publics, est contraire au prin­cipe d’égalité.

L’article 1er K, qui dis­pense les  res­sor­tis­sants bri­tan­niques pro­prié­taires de demande de visa long séjour, mécon­naît le prin­cipe d’égalité.

L’article 1er N, qui condi­tionne l’accès aux pres­ta­tions sociales à la durée de rési­dence en France, est contraire au prin­cipe d’é­ga­li­té. C’est par ailleurs un cava­lier législatif.

L’article 7 bis est contraire à la liber­té de mariage en ce qu’il donne au Procureur la pos­si­bi­li­té de sur­seoir à la célé­bra­tion du mariage.

L’article 11, qui ins­taure le droit à la prise d’empreinte sous la contrainte par un offi­cier de police judi­ciaire, repré­sente un pou­voir de coer­ci­tion exces­sif contre les étran­gers, qui porte atteinte à la liber­té individuelle.

L’article 12 bis, qui aug­mente la durée d’as­si­gna­tion à rési­dence des étran­gers, porte atteinte à la liber­té individuelle.

L’article 13, qui impose la sous­crip­tion d’un contrat d’engagement au res­pect des prin­cipes de la République aux étran­gers sol­li­ci­tant un titre de séjour, porte atteinte au prin­cipe d’égalité et  mécon­naît le prin­cipe d’accessibilité et d’in­tel­li­gi­bi­li­té de la loi.

L’article 16 bis, en sup­pri­mant aux étran­gers aux­quels l’entrée à la fron­tière a été refu­sée le béné­fice du jour franc avant leur réache­mi­ne­ment, est contraire au droit à un recours effec­tif ain­si qu’au droit d’asile.

L’article 19bis, qui étend les cas pour les­quels l’Office fran­çais de l’immigration et de l’intégration est tenu de reti­rer ou de sus­pendre le béné­fice des condi­tions maté­rielles d’accueil, est contraire à l’a­li­néa 11 du Préambule de la Constitution de 1946 qui garan­tit à tous la pro­tec­tion de la san­té, la sécu­ri­té maté­rielle, le repos et les loisirs. 

L’article 19ter, qui sup­prime le droit à l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence pour les étran­gers en situa­tion irré­gu­lière est contraire au prin­cipe de garan­tie de  moyens conve­nables d’exis­tence et au prin­cipe de dignité.

L’article 20 met fin à la col­lé­gia­li­té par prin­cipe à la CNDA. Le recours au juge unique est contraire au droit à un recours effectif.

Les articles 21 et 24, qui pré­voient l’ex­ten­sion du recours à la visio­con­fé­rence pour les audiences concer­nant les CRA, les LRA et les zones d’attente, sans aucune garan­tie. Cette exten­sion est contraire au droit à un recours effectif.

L’article 25, qui porte à 48h le délai pour sta­tuer du juge des liber­tés et de la déten­tion dans les zones d’at­tente, porte atteinte à la liber­té individuelle.

L’article 26 bis mécon­naît les prin­cipes d’é­ga­li­té et d’in­di­vi­si­bi­li­té de la République en ins­tau­rant un droit du sol déro­ga­toire en Guyane et à Saint Martin.

Pour toutes ces graves atteintes aux droits fon­da­men­taux, nous deman­dons au Conseil consti­tu­tion­nel la cen­sure de l’ensemble du pro­jet de loi immigration.

Nous avons par ailleurs deman­dé à être audi­tion­nés par le Conseil consti­tu­tion­nel pour défendre ce recours. Ces audi­tions auront lieu début janvier.

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